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Pierre THERME

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 Recomposition de l’espace politique haïtien contemporain depuis 1980. Les acteurs nationaux à l’épreuve des logiques de l’aide : l’Etat en question

 Thèse préparée sous la direction conjointe de Jonathan Friedman (EHESS) et André Corten (UQAM, Canada)


 Nous proposons d’analyser la recomposition de l'espace politique haïtien contemporain depuis 1980 en interrogeant l'agir politique des acteurs nationaux et sa nécessaire interaction avec les logiques de l'aide dont la neutralité technique masque de moins en moins la dimension politique. Il s’agit d’interroger la construction politique dans son rapport à l'aide internationale, plus patente encore depuis le séisme du 12 janvier 2010, et que nous voulons inscrire dans la difficile transition démocratique ouverte en février 1986. Une profondeur historique qui permet de questionner l'évolution du rapport à l'État et la question de sa « refondation » dans une confrontation avec la conception du politique induite par la présence internationale afin de souligner l'incidence du projet politique implicite véhiculé par les acteurs internationaux (Organisations Internationales, ONG, coopérations bilatérales,...) sur la manière de faire le politique en Haïti. Interroger la manière de faire le politique sur la scène nationale haïtienne suppose ainsi d’en mettre en lumière les mutations à l’œuvre depuis 1986. Du mouvement de démocratisation des pays d’Amérique latine à la progression de normes politiques mondiales en passant par l’effondrement du bloc communiste, le processus de « transitions démocratiques » qui semble de jamais aboutir correspond tant au plan interne qu’externe à de profonds bouleversements. Proposer une analyse de « l’agir » politique des acteurs implique donc d’envisager tant la manière dont ils vont investir l’espace public ouvert au lendemain de la dictature que leur rapport avec les nouveaux acteurs internationaux et les nouvelles représentations qui les accompagnent. L’arène politique dans laquelle s’inscrivent les acteurs est en effet l’objet de tensions, de restructurations qui ne sauraient être considérées comme une simple imposition de nouvelles normes, aussi hégémoniques soient-elles. Il s’agit plutôt de tenter de mettre en lumière les logiques hybrides auxquelles elles donnent lieu de la part des acteurs politiques nationaux, de souligner les stratégies de contournement, d’appropriation, de dévoiement où d’appropriation qu’elles engendrent.

Nous proposons donc de tenter de mettre en lumière la nature de l’État à partir du type de légitimité que les acteurs contribuent à construire. En posant l’articulation construction politique et développement, nous souhaitons montrer, à partir des analyses de Michèle Leclerc-Olive, que ce qui est en jeu dans la construction d’un État moderne c’est non seulement la prise en charge des besoins de l’ensemble de la population (système éducatif, santé, routes,…), son fonctionnement administratif (élections, impôts, respect des lois,…) mais, plus fondamentalement encore, la création d’un lien social, une nouvelle représentation du politique qui pourra conférer à l’État une légitimité qui ne soit pas seulement instrumentale mais qui puisse être une « légitimité proprement politique ». Ces trois différents niveaux ne sont pas pour autant des catégories hermétiques et restent en perpétuelle interaction dans le fonctionnement concret du pouvoir : leur distinction est d’ordre analytique.

Mots-clés : Etat, politique, légitimité, citoyenneté, espace public, société civile, ONG, aide internationale, bonne gouvernance

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