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Etienne PELLET-RECHT

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Doctorant
Discipline(s) : Histoire
Institution(s) de rattachement : EHESS

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etienne.recht[at]gmail.com

Des riches patronages catholiques du début du XXᵉ siècle, aux pauvres œuvres évangéliques et musulmanes actuelles : la parenthèse républicaine

Thèse préparée sous la direction conjointe de Gérard Noiriel et Jacques Defrance, EHESS

 

"Mon fils, Samy, il a 15 ans, il a jamais été à la mer.

Moi, à son âge, je partais tous les étés pendant des quinze jours, des trois semaines avec la colo de la ville à St Hilaire, et pour pas cher !

Je me  souviens encore de l'odeur des pins, du sable, des filles. On y allait tous, arabes, blancs, noirs. C'était pas que des loisirs et du récréatif.

On a appris à nager là-bas, à bien parler, à respecter et à être reconnaissants, on s'est intégré quoi (...).

Aujourd'hui,  tout ce qu'il reste au quartier pour les jeunes en dehors de l’École c'est quoi ? 

à part le bitume et les chichas dans les cages d'escalier - mais on peut pas dire que ce sont des activités encadrées si ?!-

Il y a (il compte sur ses doigts) les cours de coran et le château gonflable de l'association des musulmans, la sortie de l'année à la base de loisir organisée par les associations de blédards, et les cours de théâtre et de peinture de la mairie - et encore, c'est cher et faut aller mendier un à un à la C.A.F pour toucher des miettes - !

(...)

Et dans le fond, comme je dis toujours, la mer, c'est mieux en peinture, ou c'est mieux en vrai? 

La vérité c'est que ce qui était banal autrefois est devenu un luxe."

Toufik B., 47 ans, chauffeur VTC, né en France de parents Algériens

 

L’Éducation populaire républicaine, et plus généralement l'ensemble des services publics de loisirs et d'encadrement post/péri scolaire de la jeunesse populaire, traversent une crise historique.

Ce qui était banal autrefois quand on appartenaient aux classes populaires d'une ville de banlieue parisienne grâce aux services publics municipaux, comme  inscrire ses enfants à la cantine scolaire, à la crèche, en colonie de vacances au ski ou en camping, dans un club sportif, au centre de loisirs, ou même tout simplement à la piscine municipale, est devenu un luxe pour beaucoup.

De nombreux français de classes modestes et populaires que nous avons rencontré s'appuient en effet sur leur histoire personnelle comme un référentiel pour évaluer le déclassement culturel qu'ils subissent vis à vis de l'accès aux pratiques culturelles et aux loisirs "moyens" dont ils ont eux-mêmes pu bénéficier plus jeunes et qui restent inaccessibles à leurs propres enfants aujourd'hui.

Et pour cause, nombre de ces services ont progressivement été délaissés puis privatisés sous les coups de butoirs d'une professionnalisation à marche forcée et d'une inflation réglementaire sans compensation budgétaire (colonies et centres de vacances, piscines municipales, clubs).

Quant aux services publics maintenus, (crèches, centres de loisirs, conservatoires, cantines scolaires) leur fréquentation populaire est en chute en grande partie à cause de l'individualisation des conditions d'accès des services publics maintenus (quotient familial, taux d'effort) et à l'augmentation des tarifs moyens.

Dans ce contexte, hormis l'opportunité marchande que représente le désengagement de la puissance publique de ces services pour les entreprises délégataires (UCPA, Vert Marine, Sodexho, etc.), l'effet d'aubaine concerne également des organisations communautaires et religieuses qui investissent, avec leurs faibles moyens, un encadrement de la jeunesse populaire laissé vacant afin d'attirer et retenir de nouveaux fidèles d'origine populaire.

Face à la conjugaison actuelle

1) du désengagement de l'Etat et du recul des offres de service public maintenues (individualisation des conditions d'accès et baisse de la fréquentation populaire)

2) de la montée d'alternatives marchandes et associatives professionnalisées (explosion des tarifs moyens)

3) et d'alternatives confessionnelles bénévoles (avec des équipements et moyens financiers limités), de nombreux indicateurs financiers et sociologiques rendent compte d'une dégradation importante de l'offre de services d'encadrement de la jeunesse populaire.

Et si les discours officiels et politiques proclament une complémentarité des diverses offres, la réalité, notamment tarifaire, budgétaire et réglementaire semble en fait refléter une concurrence entre ces offresau regard de la réception des publics populaires.

Or, cette concurrence réceptive des offres d'encadrement post/péri scolaire de la jeunesse populaire ne constitue pas un phénomène nouveau.

Si elle reflète aujourd'hui la crise de l’Éducation populaire publique, la dimension concurrentielle fut en revanche un moteur du développement des services publics municipaux entre les années 1920 et les années 1970, alors que ces derniers représentaient une alternative populaire attractive face aux patronages catholiques et autres œuvres confessionnelles.

La présente thèse se fixe donc pour objectif de faire la genèse « par en bas » (Gérard Noiriel, 2010) de la(non)réception populaire comme facteur explicatif de l'apparition, de l'avènement, puis de la crise de l’Éducation populaire républicaine.

Sur le plan méthodologique, elle s'attache à une description sociohistorienne du temps long (1901 à nos jours), autour d'espaces ciblés (dans des villes populaires de banlieues parisienne, quartiers et faubourgs ouvriers de St Étienne, Rennes, Grenoble et Bordeaux) et en se concentrant sur les « traces » archéologiques (marqueurs historiquesnon constitués intentionnellement tels que des documents comptables, des correspondances, des compte-rendus de réunion, des témoignages oraux, des articles de presses etc.)et ethnographiques (enquête de terrain) afin de "chasser les mythes" entretenus par l'hagiographie et l'histoire officielle et qui continuent de courir autour de l’Éducation populaire.

  • Mots clés : Encadrement de la jeunesse populaire, offres publiques, offres confessionnelles, offres marchandes, concurrence réceptive, fréquentation populaire, déclassement culturel

Allocation ou financement

  • Contrats de recherche (2011-2013)
  • ATER à l'IUT Carrières sociales de L'UPEC (Paris XII) (2013-2016)
  • Autofinancement (2016-2017)

Durée de la thèse : 5 ans

 

Activités de recherche

Contrats antérieurs

  • 2011-13 contrat en partenariat avec l'ANOF (Académie Nationale Olympique Francaise) et la FSCF (Fédération Sportive et Culturelle de France). Analyse historique et économique sur les patronages catholiques. (2 ans)
  • 2010, contrat de recherche avec la GAA (Gaelic Athletic Association) à Dublin. Mission d'archivage et d'analyse économique et prospective. (1 an)

Mémoires antérieurs

  • 2009-10 « Le hurling gaélique, pilier en acte de « l'Irishness ». Ethnographie historique d'une pratique de loisir populaire en Irlande. » (dir. Daniel Denis, UFR STAPS d'Orsay, Paris 11)
  • 2011-12 « les patronages catholiques en crise. Paternalisme morale et réception populaire dans la première moitié du XXe à Bordeaux et Paris ». (dir. Stéphane Beaud, ENS Ulm)
  • 2012, mémoire secondaire dans le cadre de ma participation à l’enquête Handicap et Dépendance commanditée par la CNAV et le Ministère de la Santé sous la direction de Florence Weber et Agnès Gramain.  « Pour quelle externalisation du contrôle publique ?  Les enjeux de la certification des services d’aide à domicile ». (dir. Florence Weber, ENS Ulm)

Principaux enseignements

  • 2013-2015 : ATER à l'Université Paris-Est Créteil au département Carrières Sociales de l'IUT de Sénart-Fontainebleau
    • Cours sur les grands courants de l'Éducation Populaire
    • Responsable du cours « diagnostic de territoire »
    • Organisation séjour d'étude à Londres
  • 2011-2012 et 2012-2013 : vacations en Histoire du Travail Social à l'Université Versailles Saint Quentin ( 70h CM+TD)

Principales responsabilités

  • 2014-2015 Représentant des doctorants de l'Iris au Centre Maurice Halbwachs (EHESS/ENS)
  • 2013-2015 Responsable du cours « diagnostic de territoire » et « grands courants de l'ASSC » au sein de l'IUT Carrières Sociales de l'UPEC
  • 2012-2013 Responsable du pôle recherche et prospective à la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF)

Principales communications

  • Colloque Pricing Practices, Ranking Practices, Quantifier, évaluer, calculer. ENS Ulm, PSL, (2015). Titre com. « Les loisirs et au-delà. Essai de socio-histoire des pratiques populaires en France. »
  • Colloque Histoire de l'éducation Populaire 1815-1945, Lille 3 (2015). Titre com. « L'Éducation Populaire « par en bas ». Un seul budget, plusieurs propositions. Le Cercle Paul Bert de Rennes dans l'entre deux guerres »
  • Congrès internationale de la 3SLF, Montpellier (2015). Titre com. « Sociohistoire du football amateur dans la première partie du XXe siècle. De l'émergence paternaliste à l'émancipation sportive. »
  • Congrès International de la 3SLF, Lyon 2 (2012). Titre com. "Le hurling, sport identitaire ou populaire" ?

Publications scientifiques

  • 2016, "Vers une sociohistoire de l’Éducation populaire : la musique en conflit au Cercle Paul Bert de Rennes dans l'entre-deux-guerres", Histoire de l’Éducation populaire, (éd Septentrion) 2016.
  • 2012, "Quand Coca-cola se met au hurling Le hurling irlandais, entre loi d’éviction identitaire et pragmatisme économique".  Jurisport Mars 2012 (éd. Dalloz).
  • 2010, « Perspective comparative entre deux marqueurs de l’identité collective irlandaise : La langue gaélique vernaculaire et le Hurling. » le Journal Des Anthropologues (éd. MSH) premier semestre 2010.
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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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