Membres | Doctorant.e.s

Jasmine VAN DEVENTER

Jasmine Van Deventer
Doctorante
Discipline(s) : Anthropologie
Institution(s) de rattachement : EHESS
Institution secondaire : Université de Montréal

Global Mental Health. Une anthropologie d'un espace en voie de constitution à l'échelle transnationale

Thèse préparée sous la direction conjointe de Richard Rechtman, EHESS et Pierre Minn, Université de Montréal

Cette recherche cherche à porter au jour les pratiques de soins de santé mentale telles qu’elles se trouvent développées et déployées auprès de populations étrangères vivant dans des conditions de précarité – refugiés, immigrés, aussi bien que des demandeurs d’asile – dans les pays occidentaux, et plus particulièrement au Québec et en Angleterre. Notre recherche part d’une interrogation sur la mise en place de dispositifs sanitaires particulièrement destinés à des populations étrangères résidant au sein de sociétés « occidentales », et notamment, sur les processus dont cette opération témoigne en ce qui concerne la « globalisation » de « la santé mentale », notion autour de laquelle s’articule toute une gamme de pratiques s’inscrivant dans la production de cet espace en voie de constitution à l’échelle transnationale, et qu’il s’agira en partie dans cette thèse de problématiser en en réalisant la généalogie.

En nous efforçant de montrer les façons dont ces pratiques se forment, de restituer et d’ analyser les discours qui les enrobent, nous entendons expliciter les démarches qu’engagent les soi-disant spécialistes et experts dans « le champ de la santé mentale », espace, qui, comme nous l’expliciterons, s’étend depuis les centres de fabrication d’infrastructures diagnostiques (entendre : l’Association Psychiatrique Américaine, l’Association Psychologique Américaine, l’Organisation Mondiale de la Santé), dont les sièges se situent de façon invariable dans des pays occidentaux, pour atteindre une échelle véritablement transnationale. Nous nous évertuerons à expliciter comment cet espace prétend ainsi à une certaine universalité, tout en étant agité par une multitude de controverses – tensions que nous nous appliquerons à saisir pour élucider comment prend sens le débat entourant la justesse des infrastructures diagnostiques et thérapeutiques prévalant dans l’espace, telles que les DSM, comme le CIM.  A travers une étude de la configuration de cet espace, qui consistera en partie en une cartographie des pratiques s’y réalisant,  selon leurs sites de déploiement, nous chercherons à montrer comment il se trouve respectivement mobilisé au sein de  deux sociétés, québécoise et anglaise, dans la « défense » de populations dites précaires, et, plus particulièrement, de celles dont la supposée altérité, provenant, selon ceux qui s’en considèrent comme leurs plus rigoureux défenseurs, de leurs origines « non-occidentales », rendrait l’application à leur égard d’outils diagnostiques, prophylactiques et thérapeutiques en matière de santé mentale d’autant plus contentieuse que ceux-ci seraient calqués sur des modèles occidentaux. Autrement dit, nous chercherons à saisir les facteurs participant au fait qu’il devient nécessaire de mobiliser des savoirs et des pratiques relevant de la « santé mentale » pour rendre sensibles et lisibles les conditions de vie et les inégalités que subissent ces populations ciblées – immigrés, refugiés, demandeurs d’asile – et d’interpeller ainsi certains acteurs sur les conditions précaires de leur existence sociale, sur le plan matériel aussi bien que symbolique.

Partant d’un travail ethnographique approfondi, que nous comptons réaliser principalement sur les deux sites déjà mentionnés, à savoir, l’Angleterre et le Québec, il s’agira de faire l’analyse des rapports qui s’établissent entre ces spécialistes et les populations auprès desquelles ils travaillent, aussi bien qu’en ce qui concerne les instances prévalant dans l’espace dans sa versante transnationale, lorsque ces professionnels et experts s’appliquent à forger des programmes qu’ils considèrent comme étant particulièrement aptes à apporter un soutien envers des populations dont « l’altérité » dite  culturelle ou « ethnique », voire « raciale » exigerait que soient mobilisées à leur égard des pratiques  spécifiques. Dans l’édification de tels programmes, nous le verrons, il existe une tentative de faire entendre non seulement les souffrances psychiques qu’endureraient les membres de ces populations, en raison des vécus dont ils auraient fait l’expérience, mais également les conditions de vie qui seraient, selon de nombreux spécialistes, à l’origine de ces blessures, et que les modèles de soins en matière de santé mentale tels que formés au sein des institution dominantes dans la matière, viendraient dissimuler, en les imputant à une étiologie asociale.

Nous entendons précisément démontrer comment ces pratiques et ces discours se trouvent instrumentalisés par ceux qui les réalisent et qui les produisent dans leur effort de contourner des modèles prophylactiques et thérapeutiques prédominant au sein du champ de la psychiatrie occidentale et par extension dans l’espace de la santé mentale, devenus transnationaux.

  • Mots clés : santé mentale, global mental health, globalisation, immigration, politiques d’immigration, demandeurs d’asile, santé publique

Activités de recherche

  • 2011, Mémoire de Master en « French Cultural Studies in a Global Context » : Les Trajectoires et opérations de Frankétienne, René Depestre et Maryse Condé dans les champs littéraires antillais et internationaux, Columbia Université, 2011
  • 2012-2013, Mémoire de Master 2 en Sociologie : Les espaces littéraires haïtien et antillais : la constitution de poéthiques. L’EHESS, 2013, Travail ethnographique réalisé à Port-au-Prince, en Haïti et à Fort-de-France, en Martinique

Publications

Traduction

  • Entrée sur le concept d’« Habitus » dans The International Encylcopedia of Social and Behavioral Science
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