Membres | Doctorant.e.s

Maud ARNAL

Doctorante
Discipline(s) : Sociologie
Institution(s) de rattachement : EHESS

Coordonnées professionnelles

mml.arnal[at]gmail.com

Les douleurs de la mise au monde : un enjeu de santé publique au prisme des rapports sociaux de sexe

Thèse préparée sous la direction conjointe de Marc BESSIN (Iris) et Ilana LÖWY (Cermes3)

Depuis les années 1970, la prise en charge des douleurs des femmes en couche en France repose sur un traitement médical devenu progressivement massif. Ce traitement est aujourd’hui circonscrit autour des techniques d’analgésie et anesthésie péridurale. Les logiques qui sous-tendent ce traitement relativement homogène (plus de 80% des accouchements en France en 2013), soulèvent de multiples tensions sociales, politiques et médicales. L’ensemble des recommandations médicales s’accordent sur la nécessité d’un traitement des douleurs de l’accouchement or 80% des accouchements sont considérés comme physiologiques. Quels sont les enjeux actuels de ces modes de prises en charge de la douleur ? Le champ périnatal français s’ouvre à une diversification de l’offre de soin en autorisant l’expérimentation des maisons de naissances (2013). Ces restructurations des lieux d’accouchement médicalisés ouvrent à une diversité de prise en charge des douleurs des femmes située entre deux extrêmes (les maternités à haut niveau de risque obstétrical et l’expérimentation des maisons de naissance en France où les techniques de l’analgésie péridurale ne sont pas disponibles). Comment se négocie le traitement de la douleur dans ces différents lieux de naissance ? À la marge des recommandations médicales, la perspective d’une catégorisation des douleurs non dangereuses pour les femmes donne lieu à une redéfinition des contours de la douleur entre normal et pathologique. Les modes de traitement des douleurs de l’accouchement soulèvent néanmoins des tensions entre un naturalisme biologique concernant la capacité des femmes à accoucher seules, sans technique, et l’inutilité de ces douleurs dangereuses appuyée par le rationalisme médical. Comment la responsabilité de la gestion de ces douleurs au sein du couple et entre professionnels de santé prend-t-elle appui sur une définition biologique ou sociale des valeurs accordées aux douleurs de l’accouchement ? La prise en charge des douleurs des femmes lors de la mise au monde relève d’un triple enjeu : l’organisation des politiques de santé, les pratiques de prise en charge de la douleur par les professionnels de santé et l’influence des rapports sociaux de sexe lorsque le travail de gestion des douleurs vient bousculer les assignations de genre entre hommes et femmes. L’objectif de cette recherche est d’analyser les enjeux conjoints de ces reconfigurations politiques, professionnelles et familiales dans le champ de la périnatalité, en partant d’une analyse qualitative (observations et entretiens) et quantitative (questionnaire) sur les ambivalences théoriques et pratiques que soulève le traitement médical massif de ces douleurs. Il s’agit de porter notre attention sur l’implication des rapports sociaux de sexe, de classe et d’origine sociale, pour analyser les reconfigurations des pratiques à la fois des soignants (sages-femmes, obstétriciens, anesthésistes) mais également des couples, lorsque la place des techniques dans le champ médical est mise en question et vient soulever des interrogations sur les places que prennent hommes et femmes dans le travail qu’engage l’accouchement.

Mots-clés : Douleurs, Accouchements, Santé, Politiques publiques, Pratiques médicales, Féminisme

Allocation ou financement

  • 2014-2017, Contrat doctoral de l’EHESS
  • 2013-2014, Bourse de recherche FEHAP
  • 2013-2014, Prix de recherche en Maïeutique de la Fondation Mustela

Activités de recherche

  • 2014, Mémoire de master de recherche en sciences sociales, « Les ambivalences des « doux leurres » de l’accouchement. Étude d’une gestion sociale des douleurs des femmes », École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris, 229 p.
  • 2011, Mémoire de recherche en maïeutique, « Analyse des représentations de la trisomie 21 par les femmes enceintes, dans le cadre du dépistage prénatal », École de sages-femmes Foch, Suresnes, 91 p.

Principales responsabilités

  • Missions d’expertises en sociologie appliquées à la maïeutique (écoles de sages-femmes et groupes de recherches professionnels et politiques publiques de santé), 2014 -2015
  • Encadrements de mémoires d’étudiant(e)s sage-femme, 2015 – 2017

Principales communications

  • 2015, « Entre sexe et genre, une analyse sociologique des normes de prises en charge des douleurs de la mise au monde », 13ème Journées du Collège national des Sages-femmes Françaises, Paris,2 février 2015.
  • 2014, « Le travail des douleurs de l’accouchement : entre « production » et « reproduction », quelles mises en technique des corps ? », Atelier « Genre, Normes Procréatives et Périnatalité », EHESS, Paris, 31 octobre 2014.
  • 2014, « Regard sociologique sur les douleurs des parturientes aujourd’hui en France. Quelles prises en charges ?», Journées Jean Cohen – Gynécologie, Obstétrique et Reproduction, Paris, 21 novembre 2014.
  • 2013, « Les douleurs de la mise au monde : histoire et perspectives féministes », Table Ronde du CALM (Comme À La Maison) : « La naissance au « naturel »,  libération ou aliénation ? », Paris, 22 mai 2013.
  • 2013, « Douleurs et mise au monde : prises en charge et représentations », Atelier « Genre, Normes Procréatives et Périnatalité », EHESS, Paris, 3 avril 2013.

Principales publications

  • 2014, « Analyse des représentations de la trisomie 21 par les femmes enceintes, dans le cadre du dépistage prénatal combiné en France », La Revue Sage-femme, n°202, Février 2014.
  • 2013, « L'analgésie des parturientes est-elle une norme féminine, consentie et suffisante? », Les dossiers de l'obstétrique, n°432, Décembre 2013.  
EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

flux rss  EHESS

Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

Lire la suite

Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

Lire la suite

Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

EHESS
54 bd Raspail 75006 Paris
Tél : 33 (0)1 49 54 25 05 - Fax : 33 0(1) 49 54 24 28
iris@ehess.fr
Accès

UNIVERSITE PARIS 13
UFR SMBH 74 rue Marcel Cachin, 93017 Bobigny cedex
Tél : 33 (0)1 48 38 77 75 - Fax : 33 (0)1 48 38 88 62
iris@univ-paris13.fr
Accès

 


 

Liens rapides

Archives ouvertes de l'Iris

Carnets de recherche

Twitter Iris