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Le Monde diplomatique > C. Hugrée, E. Pénissat & Alexis Spire " Métamorphoses des classes populaires"

mai 2017

Métamorphoses des classes populaires

par Cédric Hugrée, Etienne Pénissat & Alexis Spire

Le Monde diplomatique, mai 2017

"Soudeur, auxiliaire de vie, guichetière, chauffeur… En Europe, les classes populaires ont connu d’importants bouleversements. De Londres à Bucarest, elles sont les grandes perdantes de la crise. En France, la vie des salariés modestes reste peu connue des professionnels de la politique, qui les tiennent souvent pour une masse grise dont il faut plaindre le sort pour gagner les suffrages.

Depuis quelques années, les constats sur l’augmentation des inégalités se succèdent, au point de réveiller les plus libéraux de nos experts internationaux. Même la Banque mondiale s’inquiète de la croissance des revenus des 1 % les plus riches. Cette mise en accusation des « ploutocrates globaux », comme les appelle l’économiste serbo-américain Branko Milanović. s’accompagne d’un discours alarmiste sur l’avenir des classes moyennes. En revanche, le sort des classes populaires (lire « Une société en sept familles ») émeut beaucoup moins, alors que celles-ci ont payé le plus lourd tribut à l’internationalisation croissante du capital et à la mise en concurrence des salariés.

Quels traits rapprochent ou distinguent les classes populaires françaises de celles d’autres pays européens ? Une enquête statistique en cours permet de débrouiller la question. La première particularité tient au poids important, en France, du secteur tertiaire, et tout particulièrement des services à la personne et à domicile. On y compte beaucoup d’aides-soignantes, d’auxiliaires de puériculture, d’assistantes maternelles ou d’aides à domicile (16 % des classes populaires), alors que leur part est bien moindre en Espagne (7 %), en Italie (5 %), voire résiduelle en Allemagne (4 %), en Grèce et en Pologne (1 %). De même, les femmes de ménage (15 % des classes populaires) y sont plus nombreuses qu’ailleurs — du moins celles effectuant un travail déclaré.

Même si les personnels de ces secteurs restent bien souvent mieux payés et plus formés qu’ailleurs en Europe, leur importance modifie en profondeur la morphologie des classes populaires françaises. Leur féminisation est aussi beaucoup plus prononcée dans l’Hexagone (46 %) que dans tous les autres pays, notamment l’Allemagne (39 %), la Pologne (37 %), la Grèce (35 %) ou l’Italie (34 %). À cette évolution correspond une part plus grande de temps partiel, très souvent contraint. Enfin, ces travailleuses des services se caractérisent par leur jeunesse, et on trouve parmi elles davantage d’étrangères que (...)"

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