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Anouche KUNTH

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Chargée de recherche CNRS
Discipline(s) : Histoire
Institution(s) de rattachement : CNRS
Institution secondaire : IC Migrations (2018-2021)

Coordonnées professionnelles

Iris - EHESS, 54 bd Raspail 75006 Paris

anouche.kunth[at]ehess.fr

Domaines de recherche

Les recherches actuelles d’Anouche Kunth portent sur la dispersion des Arméniens ottomans au lendemain du génocide de 1915 et de l’installation en Turquie du régime kémaliste. Elles s’articulent autour de trois thématiques principales :

  • Configurations sociales, migratoires et familiales de l’après-génocide
  • Séparation, disparition et quête des siens : une expérience de l’incertitude
  • Face à ce qui se dérobe : les expressions non verbales de l’histoire

Après avoir reçu une formation en histoire médiévale et enseigné dans le secondaire, Anouche Kunth est revenue à la recherche par l’univers de la création sonore (réalisation de documentaires radiophoniques pour France Culture) et en opérant un basculement vers la période contemporaine. Sa thèse, soutenue à l’EHESS en 2013 et publiée chez Belin en 2016, a choisi d’aborder l’histoire de la « Grande diaspora » arménienne en s’emparant d’un objet « moléculaire » : un groupe méconnu d’Arméniens issus du Caucase russe, réfugiés en France au lendemain de la révolution d’Octobre 1917, membres à part entière de l’émigration russe antibolchevique, et plus spécifiquement de sa bourgeoisie. En s’attachant à ces anciens sujets du tsar, dont les trajectoires jettent des passerelles inattendues entre émigrés russes et Arméniens ottomans, la thèse a permis de penser conjointement deux exils contemporains l’un de l’autre, déclenchés dans la tourmente de la Grande Guerre, mais que l’historiographie a installés dans des domaines distincts, suivant le découpage académique en « aires culturelles ». La thèse s’est efforcée, en outre, de comprendre les modalités d’une rencontre en France entre sujets d’empires autrefois séparés : entre, d’une part, des élites arméniennes originaires du Caucase, russophones et diversement concernées par la question nationale arménienne, et d’autre part, des Arméniens arrivés de Turquie en plus grand nombre et dans des conditions souvent misérables, par suite des persécutions et spoliations qui les ont frappés. En question, le poids du passé (héritages impériaux, situations sociales, violences vécues aux confins des empires en guerre) sur les parcours différenciés des exilés arméniens ; mais encore, le « faire diaspora » dans le contexte particulier de la France, le devenir des appartenances sur la longue durée de l’exil, propice à la reformulation des enjeux collectifs dans une perspective unificatrice des destinées arméniennes.

Les travaux qu’elle mène depuis 2014 s’inscrivent désormais plus nettement dans le champ des études sur les génocides et les violences étatiques. Mobilisant les outils de la micro-histoire, ils attachent à capter le retentissement du génocide sur les vies individuelles et familiales ; ceci, avec la conviction que la destruction de l’environnement originel des Arméniens n’intéresse pas seulement le récit factuel du génocide, mais qu’elle est la donne effective avec laquelle les rescapés ont dû composer ensuite, dans l’exil auquel ils ont été contraints. Il s’agit donc de réfléchir à l’événement-génocide du point de vue de son legs humain, en se tenant au plus près des devenirs individuels, des trajectoires d’exilés et des vies matérielles, pour observer comment la violence a disloqué les liens interpersonnels, redessiné la cartographie familiale, redéfini les statuts juridiques, et quelles ont été, en retour, les voies de l’adaptation. L’ensemble de ce questionnement participe d’une réflexion plus vaste sur l’articulation du politique et du privé. Enfin, cette étude d’un monde bouleversé, déplacé, en déplacement, s’élabore dans une perspective interdisciplinaire et comparée avec d’autres expériences de sortie de génocide et/ou de violences de masse. Elle est indissociable d’une réflexion épistémologique sur l’archive, ses silences, ses « bruits », ses notations marginales et interstices par lesquels un passé enfoui refait surface, des subjectivités trouvent à se dire.

  • Mots-clés : génocide et sortie de génocide ; exclusion ; dispersion, exil, refuge ; trajectoires migratoires, mobilité ; famille et « refaire famille » ; orphelins ; expérience du sujet et subjectivité ; incertitude, liminarité ; archives, traces ; monde arménien.

Responsabilités principales

  • Membre du comité scientifique pour la refonte des galeries permanentes du Musée national de l’histoire de l’immigration, présidé par Patrick Boucheron.
  • Membre du conseil scientifique de l’Ethnopôle « Migrations, Frontières, Mémoires », CPA Valence.
  • Membre du comité de rédaction des Collections de l’INED.
  • Membre du comité de rédaction de la revue Human Remains and Violence. An Interdisciplinary Journal.
  • Membre du comité de rédaction de la revue Diasporas. Circulations, Migrations, Histoire.

Antérieures

  • Membre de la mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, présidée par Vincent Duclert.
  • Membre du comité de rédaction de la revue Migrance.
  • Membre du comité scientifique du Dictionnaire historique de l’immigration en ligne, Association Génériques (avec les Archives de France et la Bibliothèque nationale de France).

Enseignements

Séminaire à l’EHESS

Autres enseignements

  • Université de Poitiers, cours « Familles en migration. Perspectives historiques », Master 2 de Géographie, mention Migrations internationales, Espaces et Sociétés.
  • Université de Poitiers, cours « Écrire l’histoire des migrations internationales », Master 1 de Géographie, mention Migrations internationales.
  • Mémorial de la Shoah, cours « Le génocide des Arméniens ottomans », dans le cadre du plan académique de formation intitulé « Enseigner les génocides du XXe siècle ».

Antérieurs

  • Séminaire « Sources et Méthodes » du laboratoire Migrinter (CNRS-Univ. Poitiers). En collaboration avec Céline Bergeon et David Lessault (2014-2016).
  • Institut National des Langues et Civilisations Orientales, département Eurasie, études arméniennes, cours « Archives de l’exil » et « Arméniens, langue, culture et société », LS1 (2014-2016)

Principales publications

Ouvrages

  • 2016, Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), Paris, Belin, coll. Contemporaines, 440 p.
  • 2010, Les Arméniens en France. Du chaos à la reconnaissance, Toulouse, L’Attribut, coll. Exils, 168 p. Avec Claire Mouradian.

Directions de numéros de revue

  • 2017, « Récits d’exilés », E-Migrinter, n°16. Avec Frédérik Detue et Raphaëlle Guidée, URL : https://journals.openedition.org/e-migrinter/921.
  • 2016, « Scènes urbaines. Echelles, Temporalités, Trajectoires. 16e-20e siècle », Diasporas. Circulations, Migrations, Histoire, n°28, 2016. Avec Marie-Carmen Smyrnelis.

Articles dans des revues avec comité de lecture et contribution à des ouvrages de recherche

  • 2018, “Treading Paths of Violence. Displacements of Bereft Armenian Children in the Aftermath of Genocide”, in J. Bhabha, J. Kanics, D. Senovilla Hernandez, Research handbook on Child Migration, Cheltenham (UK), Edward Elgar Publishing, p. 9-22.
  •  2017, « Faire l’expérience d’un statut en construction. Aléas, infortunes et revendications des réfugiés Nansen en France (1922-1942) », Revue Européenne des Migrations Internationales, dossier « Reconnus réfugiés, et après ? », n°33/4, p. 23-47.
  • 2017, « Le refuge arménien et sa double représentation. Dans les méandres des anciens offices (1919-1945) », in A. Angoustures, D. Kévonian et C. Mouradian (dir.), Réfugiés et apatrides: administrer l’asile en France (1920-1960), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 65-80.
  • 2017 : « Récits d’exilés. Projets, usages, lectures », avec F. Detue et R. Guidée, introduction au dossier « Récits d’exilés », dirigé par F. Detue, R. Guidée et A. Kunth, e-Migrinter, n°16. URL, http://journals.openedition.org/e-migrinter/926
  • 2016, « Villes et diasporas : Emprises, empreintes, expériences », Diasporas. Circulations, Migrations, Histoire, n°28, p. 9-17.
  • 2015, “Traces, Bones, Desert: The Extermination of the Armenians through the Photographer’s Eye”, Human Remains and Violence. An Interdisciplinary Journal, n°1-2, p. 71-87.
  • 2015, « Dans les rets de la xénophobie et de l’antisémitisme : les réfugiés arméniens en France, des années 1920 à 1945 », Archives Juives, n°48-1, p.  2-95.
  • 2015, « Penser la diaspora arménienne par le clivage », Diasporas. Circulations, Migrations, Histoire, n°23-24, p. 185-199.
  • 2015, « Repartir et revenir… De l’usage réversible du passé dans les dynamiques migratoires. Un exemple diasporique », in M. Amar, H. Bertheleu et L. Teulières (dir.), Mémoires des migrations, temps de l’histoire, Presses Universitaires François Rabelais, coll. « Perspectives Historiques », p. 71-86.
  • 2015, « Arménie », Dictionnaire des migrations internationales. Approche géohistorique, G. Simon (dir), Paris, Armand Collin, p. 633-637.
  • 2014, « Trahie par ses TICS… Décryptage judiciaire d’une filière clandestine à l’âge de l’E-migration », Revue Européenne des Migrations Internationales, dossier « Traces de la dispersion », 30/3-4, p. 15-30.
  • 2010, « Le portrait confisqué de Joseph Mantachev. Histoire d’exils et de spoliations », L’Homme. Revue française d’anthropologie, n°195-196, 2010, p. 283-306.

Articles dans des revues sans comité de lecture, contribution à des ouvrages de synthèse

  • 2018 : « Sommeils blancs. Emprises subjectives de la mort de masse », Sensibilités. Histoire, Critique et Sciences sociales, n°4, 2018, p. 114-119.
  • 2017 : « 1923. Les Aznavourian, à la croisée des exils », in P. Boucheron (dir.), Histoire mondiale de la France, Paris, Seuil, p. 596-600.
  • 2017, « Réfugiés arméniens dans la Drôme. Entre tumulte et insertion », in B. Charenton et L. Piaton (coord.), Un siècle de réfugiés dans la Drôme, Valence, co-éd. Département de la Drôme-Valence Romans Agglo, p. 55-63 (grand format).
  • 2015, « Se réunir face à l’histoire : l’enjeu du deuil pour les élites arméniennes issues de l’empire tsariste », in J.-P. Chagnollaud (dir.), Communautés en exil. Arméniens, Kurdes et chrétiens d’Orient en territoires franciliens, Paris, L’Harmattan, p. 69-77.
  • 2014, « De la Catastrophe au chaos : mémoires paysagères de l’Arménie », Théorème. Revue de l’IRCAV, dossier « Paysages et Mémoire. Cinéma, photographie, dispositifs audiovisuels », n°19, p. 56-67.
  • 2007, « La diaspora arménienne », Études, p. 321-331.
  • 2007, « Des itinéraires d’exil à travers l’Europe : le cas des Arméniens du Caucase (début des années vingt) », in M. Morel-Deledalle, C. Mouradian et F. Pizzorni-Itié (dir.), Loin de l’Ararat. Les petites Arménies d’Europe et de Méditerranée, Paris, Hazan, Musée de Marseille, MUCEM, p. 111-115 (grand format).
  • 2006, « Du Caucase à Paris, une autre émigration arménienne », Revue des Deux Mondes, p. 125-137.

Autres textes

Courte monographie

  • 2010, Vu au débarquement. Marseille. Le refuge des Arméniens en France dans les archives de l’OFPRA, Fontenay-sous-Bois, Mission Histoire et Exploitation des archives de l’OFPRA, 53 p. Avec Aline Angoustures pour la partie III.

Notices biographiques

  • Dictionnaire historique de l’immigration(Odysseo.org, mis en ligne par le groupe de recherche Génériques). Notices d’Avétis Aharonian, Boghos Nubar Pacha, Hrand Samuelian.

Recensions

  • 2013, Ardillier-Carras, Françoise et Balabanian, Olivier, Arménie russe. Aventures scientifiques à l’époque des tsars, 1909-1914. Pierre Bonnet, un géologue français en Transcaucasie,Limoges, Les Ardents Éditeurs, dans Histoire & Sociétés Rurales, n°40.
  • 2008, Pecherin, Vladimir, The First Russian Political Émigré. Notes from Beyond the Grave, or Apologia Pro Vita Mea, Dublin, University College Dublin Press, 2008, 197 p., dans Cahiers du monde russe, n°49/4, p. 820-822.
  • 2007, Smyrnelis, Marie-Carmen (dir.), Smyrne, la ville oubliée ? 1830-1930. Mémoires d’un grand port ottoman, Paris, Autrement, 252 p., dans Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, n°54/4, 2007.

Texte introductif à un ouvrage photographique

  • 2014, « Photographier, après », in P. Marre, Fantômes d’Anatolie. Regard sur le génocide arménien, Pascaline Marre éd., p. 3-5 (grand format).

Évaluations

  • Réalisées pour : Revue Européenne des Migrations Internationales ; The British Journal of Middle-Eastern Studies ; Human Remains and Violence ; Les Cahiers du Monde russe ; Études Arméniennes Contemporaines ; Nuevo Mundo Mundos Nuevos ; E-Migrinter

Valorisation de la recherche

  • Conseil scientifique de l’exposition « Un siècle de réfugiés dans la Drôme », organisée conjointement par le Centre du Patrimoine Arménien (Valence) et les Archives départementales de la Drôme (ADD) ; du 9 février au 25 juin 2017.
  • "L’Atelier des savoirs" : de 2014 à 2017, coresponsable (avec William Berthomière, puis Adelina Miranda) de « L’Atelier des savoirs : étudier les migrations internationales et les luttes contre les discrimination », cycle de conférences interdisciplinaires organisées au Centre Pierre Mendès France de Poitiers, en partenariat avec le laboratoire Migrinter (UMR 7301).
  • De l’enquête à l’écriture radiophonique
    Entre 2003 et 2011, Anouche Kunth a contribué à la diffusion de la recherche en produisant entretiens et documentaires radiophoniques pour France Culture (émissions Les Chemins de la connaissance, Tire ta langue et surtout pour L’Atelier de Création Radiophonique). Deux thèmes principaux se dégagent de ses documentaires :

L’exil, parcours migratoire et biographique, en ses multiples narrations (de l’injonction administrative à se raconter, au « récit-conte » de la mémoire familiale). Thème abordé dans Télémaque sans retour. Histoire d’un Arménien apatride (nominé en 2005 au Prix Europa, Berlin 2005), et dans Irakiens, prouvez-nous la guerre ! (lauréat en 2008 de la Bourse d’écriture « Brouillon d’un rêve » de la SCAM).

Errances urbaines, marginalités sociales et spatiales. Thème traité à travers le portrait en creux d’un terrain vague et de ses habitants (Les Ombres du talus, 2005) ; et le portrait en mouvement de mendiants passant dans les rames du métro parisien (Excusez-moi de vous dérange, 2009).

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