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Bernard MÜLLER

Bernard Müller
Chercheur indépendant
Discipline(s) : Anthropologie

Coordonnées professionnelles

Iris – EHESS, 96 boulevard Raspail 75006 Paris

muller.bern[at]wanadoo.fr

Domaine de recherche

Anthropologie des pratiques spectaculaires

Théâtre, culture et identité

Bernard Müller mène des recherches dans le domaine des arts scéniques. En tant que théoricien et practicien du théâtre, il privilégie une approche inter-disciplinaire et comparative des pratiques spectaculaires. Ayant débuté ses recherches par un terrain de thèse au Nigeria (1995-2000), il a ensuite élargi son champ de recherche en multipliant les études de cas. Il traite de formes aussi diverses qu’un spectacle de théâtre mythologique Yoruba du Nigeria ; une performance de la compagnie new-yorkaise Wooster Group, une représentation de p'ansori coréen, une performance de Daniel Spoerri comme "l’enterrement du tableau piège", un sketch de l’humoriste togolais Azé Kokovina, un tour du magicien de Robert-Houdin (1805-1871), un happening de l’artiste africain contemporain Sokey Edorh (Togo), une reconstitution historique tirée d’une cinéscénie du Puy du Fou en Vendée ou une représentation du martyre d’un sainte en Bourgogne (voir recherche en cours).

Son approche du spectacle tente simultanément de rendre compte de la dimension éphémère et du processus des interactions sociales qui le construit. Le spectacle, i.e. l’œuvre, y est envisagé(e) comme une performance qui renvoie à une situation à la fois conditionnée et innervée par des facteurs sociaux. La performance, comme l’indique son étymologie (XIXe siècle, de l'anglais performance, de l'ancien français (XVIe) parformer: exécuter), met en forme un ensemble de rapports sociaux esthétisés.

Les arts scéniques, à l’instar du théâtre, nous offre ainsi un modèle épistémologique permettant d’appréhender d’autres formes de mises en fiction allant bien au-delà du champ artistique. Ainsi, on s’intéressera dans un premier temps aux formes spectaculaires explicites, où l’illusion se donne comme telle, comme résultat d’un concours de techniques transmises impliquant aussi un apprentissage chez le spectateur. On se penchera dans un second temps sur d’autres formes de mise en fiction notamment "identitaires", par exemple nationalistes, qui relèvent également d’une construction imaginaire proche de la fiction qui pourtant, loin de se présenter comme telle, sont présentées comme "naturelles" par ceux qui s’en revendiquent.

Toutes les sociétés fabriquent-elles du faux de la même manière ? La construction de l’artefact scénique répond-elle aux mêmes règles d’un univers culturel à l’autre ? Les individus, d’une société à l’autre, envisagent-ils de la même manière la notion de fiction théâtrale ? Si la notion de jeu qu’implique le spectacle est universelle, les manières de définir, et à fortiori de produire l’illusion semblent varier d’un univers culturel à l’autre. Ce constat, s’il se confirme, invalide-t-il la possibilité de la circulation des œuvres spectaculaires ?

Il étudie depuis 1995 les expressions artistiques du mouvement culturel Yoruba, au Nigeria comme dans la diaspora et mène depuis 2004, en collaboration avec Thierry Bonnot, une enquête à Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or).

Il coordonne en outre depuis 2004 un projet inter-disciplinaire sur l’imaginaire de la conquête coloniale aujourd’hui, au travers des enjeux que cristallisent les butins des expéditions coloniales, au regard notamment des questions de Restitution et de Réparation.

 

mots-clés : spectacle, arts scéniques, art contemporain, globalisation culturelle, mouvements identitaires.

 

 

Enseignements

  • Depuis 2003 : Animation d’un séminaire à l’EHESS : Spectacles, musées et musique : mise en scène des patrimoines et mise en acte des rapports sociaux  (avec Thierry Bonnot et Emmanuelle Olivier)

  • 2001-2003 : Enseignant à l’École Régionale des Travailleurs Sociaux, Olivet-Orléans : initiation à l’ethnologie par des enquêtes (technique d'enquête, création d'un questionnaire, analyse des données, restitution)

  • 2000-2003 : Intervenant dans le cadre de formation BEATEP, BEPA et BAPAAT, École Régionale des Métiers de l'Animation (ERMA, Juvisy, Pantin et Romainville), IFEP-Leo Lagrange (Creil) : initiation à l’ethnologie (thèmes abordés : pratiques culturelles et clivages sociaux, les pratiques religieuses des français, la question de la démocratisation culturelle, etc. )

  • 2002 : Professeur d’histoire et de géographie, Vacataire, Collège Robert Doisneau, Itteville, Essonne

  • Suivi des travaux d’étudiants en DEA et en thèse d’anthropologie, esthétique et études théâtrales. Membre du jury de plusieurs étudiants en maîtrise, DEA et thèse.

 

 

Responsabilités

En cours

  • Membre du comité de rédaction de la revue L'Ethnographie/création, pratiques, publics (coéditée par l’Entretemps, la Société d’Ethnographie de Paris et la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord).

  • Coordination du projet Broken Memory - La spoliation des biens culturels durant la période coloniale (www.brokenmemory.info), inauguration en septembre 2008. Gestion et administration du projet, coordination du programme scientifique destiné à l’espace documentaire de l’exposition.

 

 

Antérieures

  • 2007 : Conseiller scientifique, musée du quai Branly, Paris, pour l’exposition Jardin d’Amour de Yinka Shonibare, commissaire : Germain Viatte. Inauguration le 2 avril 2007.

  • 2003-2004 : Administrateur du laboratoire Genèse et Transformation des Mondes Sociaux, EHESS, Paris.
    Coordination de projets de recherche pour un groupe de 25 chercheurs, animation
    d’un réseau international, gestion financière.

  • 2003 : Conseiller scientifique et collaborateur artistique pour un projet d’art contemporain de la ville de Bulle (État de Fribourg), fonction : réalisation d’enquêtes sur la perception des images chez les adolescents. En collaboration avec l’artiste Jean-Damien Fleury.

  • 2000-2002 :Conseiller artistique et dramaturge de Wole Soyinka, Nawao Productions, Zürich, King Baabu, écrit et mis en scène par l’auteur (Prix Nobel 1986). Tournée mondiale (Nigeria, Suisse, Allemagne, Afrique du sud, Lesotho).

  • 1999 : Conception et coordination d'un colloque international à l'Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA), Ibadan, Nigeria : Culture and Identity on Stage. Socio-political Concern and Enactments in Contemporary African Performing Arts

 

 

Principales publications

Ouvrage

  • La tradition mise en jeu – Une anthropologie du théâtre Yoruba, Éditions Aux lieux d’être, Paris, 2006, 170 p.

 

 

Articles

  • « Entre invenção e continuidade: O nó górdio do Yoruba Traditional Theatre ou a tradição renovada», actes du Coloquio Internacional de Etnocenologia, Salvador de Bahia, 2007

  • « Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales ?», Le Monde Diplomatique, N°640, juillet 2007

  • Yinka Shonibare MBE - Jardin d’amour, conception, rédaction et édition du catalogue de l’exposition Jardin d’Amour, avril 2007, Musée du Quai Branly/Flammarion, Paris, 2007, 95 p.

  • Leo&Bos, Art Orienté Objet et Antonio Olè, conception et rédaction du catalogue de l’exposition, avril 2006, Luanda, Angola (avec le soutien de l’Alliance Française et Total-Angola), Éditions NDLR, Paris, 2006, 90 p.

  • « Quand tombent les masques : La performance comme manifeste d’une nouvelle génération d’artistes africains contemporains », catalogue de l’exposition Africa Remix, Centre George Pompidou, Paris, 2005, pp. 301-308

  • « The Irruption of trance in contemporary Yoruba theatre. Theatre, witchcraft and social fragmentation in Lagos, Nigeria », Identities–Global Studies in Culture and Power, Southern Illinois University - Carbondale, USA, Vol. 12, 2004

  • « L’année prochaine à Ile-Ife ! La ville idéale dans la construction de l'identité yoruba », in G. Holder & A.-M. Peatrik (s. dir.), cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs, Journal des Africanistes 74 (1-2), 2004.

  • « Das Schauspiel im Zusammenfluss der Gattungen. Vom Theatre zum Ritual oder : Die Ästhetik der Unordnung“, Catalogue de l’exposition AFRICA REMIX, Museum Kunspalast, Duesseldorf, pp. 252-259

  • « Nos ancêtres les Yoruba. Splendeur et misère de la bourgeoisie yoruba du Nigeria », Cahiers d'études africaines, XLIII (3), 171, 2003, pp. 483-503

  • « Le nœud gordien du Yoruba Traditional Theatre ou la tradition renouée », L’Ethnographie, N°1 (Nouvelle édition), été 2001, pp. 15-32

  • « From Home Video to Egungun Ancestor Masks Processions: A Comparative Approach to Performing Arts», Les Cahiers de l'IFRA, N°12, Nairobi/Ibadan, 2000, pp. 10-23

  • Analyse et comptes rendus dans la revue L’Ethnographie N°2 (Emmanuel Guarrigues, L’écriture photographique - Essai de sociologie visuelle, L’Harmattan, 2000 in : L’Ethnographie, N°2 - Nouvelle édition) ; Cahiers d'études africaines, 167, XLII-3, 2002, pp. 585-620 (Barry Hallen, The Good, the Bad, and the Beautiful – Discourses about Values in Yoruba Culture, Bloomington-Indianapolis, Indiana University Press, 2000)

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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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