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Agnès CHETAILLE

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agnes.chetaille[at]gmail.com

Thèse : Les paradoxes d'une histoire sans transition. Entre l'Ouest et la nation, les mobilisations gaies et lesbiennes en Pologne (1980-2010)

Thèse de sociologie préparée à l'EHESS sous la direction d'Eric Fassin, soutenue le 4 décembre 2015

Au milieu des années 2000, au moment de l'entrée de la Pologne dans l'Union européenne, de violentes attaques politiques y sont menées contre des manifestations gaies et lesbiennes. Cette thèse se donne pour objet de faire la généalogie de ces mobilisations, depuis leur émergence jusqu'à leur réaction face à ces attaques. Elle prend appui sur une recherche empirique à partir d'archives, d'entretiens et d'un long terrain ethnographique dans les villes de Cracovie et de Varsovie entre 2004 et 2009, et cherche à reconstituer la chronologie propre à ces mobilisations, dont les étapes ne correspondent pas nécessairement à celles de la politique institutionnelle.

Cette histoire n'est pas linéaire, et présente un double paradoxe. En premier lieu, la « transition à la démocratie » de 1989 et les conséquences qu'elle entraîne ne constituent pas, pour les groupes gais et lesbiens émergents, un contexte favorable au développement d'actions collectives spécifiquement politiques. Face à la place prise par l'Église catholique dans les transformations politiques, la première vague de mobilisations homosexuelles se replie dans les années 1990 sur des activités essentiellement culturelles. C'est seulement dix ans après la « transition » que les conditions seront réunies pour l'émergence d'une deuxième vague de mobilisations, qui porte la cause gaie et lesbienne dans l'espace public au début des années 2000. À ce moment-là, l'imminence de l'adhésion à l'Union européenne constitue le deuxième paradoxe : si ce contexte est porteur d'opportunités importantes pour les militants, il est simultanément propice à la montée de mobilisations nationalistes, à l'intérieur comme en dehors du champ partisan, qui se saisissent de l'homophobie comme d'une ressource politique. Accusées de n'être pas authentiquement polonaises, les mobilisations gaies et lesbiennes sont confrontées à un dilemme.

Or la thèse démontre que ce n'est pas seulement dans les années 2000, mais en réalité depuis leur émergence dans les années 1980, que ces mobilisations sont prises dans une tension entre dynamiques locales et circulations transnationales Ouest-Est, qui jouent un rôle particulièrement important lors des moments de répression. Les réponses originales élaborées par les mobilisations prennent la forme d'un bricolage politique, entre l'appropriation d'éléments issus de l'Ouest et la récupération d'éléments nationaux, qui peut aller jusqu'à la revendication de patriotisme.

Mots-clés : (Homo)sexualités, post-communisme, mobilisations, nationalisme, Union Européenne, transnationalisation

Jury

  • Dorota Dakowska, professeure à l'Université Lumière Lyon 2, rapporteure
  • Jan Willem Duyvendak, professeur à l'Université d'Amsterdam
  • Éric Fassin, professeur à l'Université Paris 8, directeur de la thèse
  • Olivier Fillieule, professeur à l'Université de Lausanne, rapporteur
  • Rose-Marie Lagrave, directrice d'études à l'EHESS

Enseignements

Premier cycle

En tant qu’ATER à l’Université Rennes 2 (2011-2013)

  • TD Histoire et théories de la sociologie (L2 sociologie)
  • TD Société française contemporaine (L1 sociologie)
  • TD Sociologie générale : les inégalités  (L2 AES)
  • CM Introduction à la sociologie (L1 AES)
  • TD Méthodologie sociologique (L1 AES)

En tant que chargée de cours à l’Université de Cergy-Pontoise (2011)

  • TD de sociologie politique (L1 Droit)

En tant que chargée de cours à l’Université de Picardie, Amiens (2011)

  • TD de méthodologie de la recherche en science sociale (L1 sociologie)

Deuxième cycle

À l’Institut de Sociologie de l’Université de Varsovie, dans le cadre du Centre de Civilisation Française et de l’Atelier de l’EHESS (2008-2009)

  • Séminaire : Recherches sur les femmes, le genre et le féminisme dans les sciences sociales françaises (L3-M2, pluridisciplinaire. En français.)

Principales responsabilités

  • 2008-2009 : Animatrice du séminaire doctoral de l’atelier de l’EHESS à Varsovie (avec Matthieu Gillabert)
  • 2008 : Membre du comité d’organisation de la conférence internationale ‘L’évènement 1989’ à l’Est. 20 ans d’interprétations. EHESS/Université de Varsovie.

Principales publications

Articles

  • En cours de publication (2017). Avec Phillip M. Ayoub. « European Poles and Polish Patriots: Movement/Countermovement Dynamics and instrumental Framing in Lesbian and Gay Activism », Social Movement Studies, numéro coordonné par O. Fillieule et C. Broqua.
  • 2013. « Une « autre Europe » homophobe ? L’Union européenne, le nationalisme polonais et la sexualisation de la ‘division Est/Ouest’ », Raisons politiques, 1/2013 (n° 49), p. 119-140.
  • 2009. « Émergence et stratégies du mouvement gay et lesbien en Pologne : Le rôle des opportunités politiques », Transitions, XLIX (1), « Mouvements sociaux et représentation politique en Europe centrale et orientale », numéro édité par Cédric Pellen, p.67-88.
  • 2007. « Pologne : Faire acte de présence. Les mouvements homosexuels face à la droite nationaliste », Vacarme n°41, p.77-80.

Chapitres d’ouvrages

  • 2011. « Poland: Sovereignty and Sexuality in Post-Socialist Times », in Johnson Carol, Paternotte David & Tremblay Manon (ed.), The Lesbian and Gay Movement and the State: Comparative Insights into a Transformed Relationship, Ashgate, p.119-133.
  • 2010. « L'homosexualité : un nouveau débat en Pologne. Usages politiques, mobilisations collectives et nouvelles formes de citoyenneté », in Lucas B., Ballmer-Cao T.-H. (dir.), Les nouvelles frontières du genre. La division public/privé en question, Paris, L'Harmattan, p.215-230.

Recensions

Principales communications

  • À venir, 22-25 février 2017. Avec Phillip M. Ayoub. « European Poles and Polish Patriots : Movement/Countermovement Dynamics and Instrumental Framing around New Norms », Conférence annuelle de l'International Studies Association, Baltimore, États-Unis.
  • À venir, 2-3 février 2017. « Entre répression et incitation : contrôle étatique et apparition des premiers groupes homosexuels en Pologne dans les années 1980 », Colloque international Communist Homosexuality 1945-1989, Université Paris Est Créteil.
  • 2016, mai. « On the Road to ‘Normality’: the Imagined Geography of Homophobia in Polish Gay and Lesbian Organizations’ Discourse (1990-2010) », Workshop international The Rhetorics of Comparison and the Europeanisation of LGBTQ Politics, Manchester Metropolitan University.
  • 2015, novembre. « L’'orientation sexuelle' dans les politiques de l'UE : appropriations militantes, implementation dans les politiques publiques et oppositions nationalistes en Pologne », Colloque international Genre et globalisation, Université Paris 7.
  • 2014, juin. « L’émergence d’une cause gaie et lesbienne en Pologne: Processus de cadrage de la cause et des identités, entre échelle transnationale et contre-mobilisations nationalistes (2001-2010) », Colloque international Causes sexuelles, Université de Lausanne.
  • 2011, juin. Sovereignty and Sexuality: The Polish Gay and Lesbian Movement and the Post-Socialist State, 18e conférence internationale des Européanistes, Council for European Studies et Institut Barcelona d’Estudis Internacionals (Barcelone).
  • 2011, avril (avec Jennifer Ramme). Polish Feminist and LGBT NGOs Struggling with Words: Categories Travelling Between International and National Levels. Conférence internationale « Transnationalization of Struggles for Recognition », WZB (Berlin).
  • 2011, janvier. The Sexual Border Within the European Union. Polish Nationalist Homophobia, the EU and the Reproduction of the ‘East/West Divide‘. Conférence internationale « Sexual Nationalisms. Gender, Sexuality, and the Politics of Belonging in the New Europe », University of Amsterdam.
  • 2010, octobre. Mémoire communiste et espace européen dans les identités homosexuelles en Pologne. À propos de quelques termes et de leurs usages. Colloque « Identités, image et représentation : genres et cultures ». Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense.
  • 2010, juin. L’internationalisation de la « lutte contre l’homophobie » en Europe. Les marches gaies et lesbiennes polonaises entre enjeux locaux, attaques nationalistes et solidarité transnationale. Séminaire « Le genre globalisé : cadres d’actions et mobilisations en débats », EHESS.
  • 2009, novembre. Gay and Lesbian Solidarity at Work. Poland and France in the Space of Transnational Cooperation in Europe. Jour Fixe, séminaire du groupe « Civil Society, Citizenship and Political Mobilization in Europe », WZB (Berlin).
  • 2009, juin. Comparison, Cultural Transfers or Entangled History? On the implications of changing scales in the study of transnationalized struggles for recognition. Colloque international « Transnationalization of Struggles for Recognition ». Université de Lausanne.
  • 2008, décembre. Du socialisme d’État à l’Union Européenne : ce que le politique fait aux mobilisations homosexuelles (et vice-versa ?). Le cas de la Pologne. Séminaire doctoral de l’Atelier de l’EHESS à Varsovie. Discutante : Rose-Marie Lagrave.
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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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