Thèse de Fred DECOSSE

Migrations sous contrôle. Agriculture intensive et saisonniers marocains sous contrat « OMI »

Cette recherche porte sur la condition des ouvriers agricoles marocains sous contrat saisonnier de l'Office des Migrations Internationales. La méthodologie retenue croise entretiens semi-directifs, travail d'archive et observation participante au sein du Collectif de défense des travailleurs agricoles saisonniers. La thèse est traversée par une question centrale : en quoi la saisonnalité de l'emploi et du séjour de la main-d'oeuvre étrangère OMI, parce qu'elle allie précarité statutaire et contrôle de sa mobilité, garantit sa sujétion et sépare strictement les espaces-temps de la production et de la reproduction de sa force de travail?

La condition ouvrière OMI est appréhendée à travers 3 axes principaux : le système migratoire saisonnier, saisi notamment dans sa dimension sociohistorique (origine coloniale et évolutions de l'utilitarisme migratoire en agriculture); les mobilisations contre le statut et les aménagements règlementaires mis en place par l'Etat pour brider le droit de fuite des travailleurs migrants; la santé des saisonniers étrangers, qui se construit "malgré tout" entre invisibilisation, externalisation et résistances.

Cette thèse constitue en fait une réflexion sur les migrations contrôlées et les limites de ce contrôle.  Elle montre en quoi l'agriculture intensive du Sud de la France est dépendante d'une main-d'oeuvre dont la limitation du droit au séjour à un contrat de travail temporaire garantit tendanciellement l'ineffectivité de ses droits. Elle souligne également que cette condition de salariés infériorisés est susceptible d'être marginalement contestée par les saisonniers lors d'actions collectives ponctuelles et contingentes. elle appréhende enfin la santé comme le produit d'un rapport de forces dont l'enjeu est la séparation de la production et de la reproduction de la force de travail migrante.

Cette recherche vise donc à enrichir la réflexion sur les phénomènes migratoires en cherchant à dépasser le binôme "légalité/illégalité" et en privilégiant notamment la thématique du contrôle. Elle apporte des éléments nouveaux pour analyser l'articulation entre le fait colonial et les migrations postcoloniales et documente des luttes de l'immigration jusqu'alors non étudiées. Elle régénère enfin les analyses sur la santé au travail en déplaçant le regard vers la santé du travailleur.

Mots-clefs : migrations, travail, OMI

  • Thèse de sociologie sous la direction d’Annie Thébaud-Mony, EHESS
  • Date de soutenance : 1er décembre 2011

Jury

  • Danièle Carricaburu, Pr Université de Rouen

  • Nathalie Ferré, MCF UP 13, rapporteure

  • Nancy Green, DE EHESS

  • Nathalie Jas, CR Inra

  • Laure Pitti, MCF UP 8

  • Alexis Spire, DR CNRS, rapporteur

  • Annie Thébaud-Mony, DR Inserm, directrice de thèse

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