CORPSES OF GENOCIDE AND MASS VIOLENCE. Interdisciplinary and Comparative Approaches of Dead Bodies Treatment in the 20th Century (Destruction, Identification, Reconciliation)

Image1

Les violences de masse ont représenté un phénomène structurant du XXe siècle. Marquée par le génocide arménien, l’Holocauste, le goulag, la guerre civile espagnole ou les crimes contre l’humanité commis en Bosnie, l’Europe offre à elle seule un ensemble d’exemples qui ne suffisent pourtant pas à établir une typologie complète des violences extrêmes. En effet, plus de 30 millions de personnes ont péri dans les génocides et les crimes de masse perpétrés dans le monde au cours du seul XXe siècle, un siècle marqué par l’irruption de la technologie, l’échelle des violences et leur extension géographique ou temporelle.

Or, de façon assez paradoxale, et malgré l'importance des travaux menés sur le corps d’une part et les violences de masse d’autre part, la question du corps dans les violences de masse demeure encore un thème largement inexploré. Pourtant, le sort fait au corps, et singulièrement au corps mort, semble véritablement constituer une clé pour l’analyse de l’impact des violences extrêmes sur les sociétés, tant l’irruption de cadavres en masse semble représenter un véritable défi lancé aussi bien au sens commun, qu’à la loi ou la morale.

Pour aborder la question du corps dans les violences de masse, nous avons choisi de maintenir une approche qualitative, comparatiste et pluridisciplinaire. La dimension qualitative de ce projet permet ainsi de prendre appui sur l’analyse documentée d’un certain nombre d’études de cas exemplaires de configurations historiques et culturelles matricielles. Par ailleurs conscients que l’approche d’une seule discipline ne suffit pas à restituer la totalité des enjeux de la question du corps dans les violences de masse, et leur complexité, nous engageons une démarche pluridisciplinaire en maintenant un dialogue étroit entre l’anthropologie qui donne accès au terrain, l’histoire qui restitue le déploiement temporel et spatial des violences, et le droit qui fut la première discipline à s’être engagée dans l’analyse systémique des génocides et à avoir montré une ambition théorique, tout en intégrant à notre réflexion l’apport structurant des sciences politiques et des sciences médico-légales.

Une équipe pluridisciplinaire, associant des anthropologues, des historiens et des juristes et prenant appui sur une collaboration avec les universités de Manchester et Groningen, envisage dès lors la question du sort fait au corps mort dans les violences de masse en partant des trois étapes logiquement structurantes : 1- la destruction qui permet d’aborder à la source les enjeux des pratiques génocidaires; 2- l’identification qui engage une réflexion sur le retour ou la résurgence des corps et 3- la réconciliation qui permet d’aller au-delà de la seule question de la commémoration ou de la patrimonialisation des violences pour aborder de façon plus large toutes les procédures qui visent à inscrire le corps des victimes dans la société, de façon pacifiée.

L’objectif de ce programme est de comprendre comment différentes sociétés ont composé avec la première conséquence des violences extrêmes : l’irruption massive de cadavres. Ainsi, quels statuts et quelles valeurs ont été conférés à ces corps ? À quels usages politiques, sociaux ou religieux ont-ils donné lieu pendant et après les violences ? Quelle place les sociétés leur ont-elles accordée ? Ce projet se propose à ce titre de consolider le champ des Genocide Studies, en forgeant des outils intellectuels et théoriques appropriés à la prise en compte de la destiné des corps, qui permettront de mieux comprendre l’impact des violences de masse sur les sociétés contemporaines.

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

IRIS - EHESS
54 bd Raspail 75006 Paris
Contacts
Accès

IRIS - UNIV. PARIS 13
UFR SMBH 74 rue Marcel Cachin, 93017 Bobigny cedex
Contacts
Accès

 


 

Liens rapides

Twitter Iris

La Lettre de l'Iris

HAL - collection de l'Iris

Carnets de recherche