Thèse de Pablo BARBOSA

(En)quête de la "Terre sans Mal". Histoire et migration d'un mythe

Le mythe apapocúva-guarani de la « Terre sans Mal » surgit dans la littérature américaniste sous la plume de Curt Unkel Nimuendajú en 1914. Dans ce livre qui a marqué profondément les études contemporaines sur les Guarani, Nimuendaju postulait que les migrations des groupes guarani au XIXe siècle depuis le Mato Grosso vers l’est s’expliquaient en fonction de la recherche du paradis perdu qu’est la « Terre sans Mal ». Il suggérait ensuite que la même explication pouvait être appliquée aux « migrations » de nombreux groupes tupi-guarani à l’époque coloniale, voire précolombienne. La suggestion a été prise au pied de la lettre par Alfred Métraux et, après lui par de nombreux chercheurs. La « Terre sans Mal » est ainsi devenue le pilier de la religiosité guarani, et un thème obligé des ouvrages anthropologiques.

Ce n’est qu’au cours des deux dernières décennies que des critiques plus ou moins fortes ont vu le jour, s’insurgeant contre l’utilisation, jugée abusive, d’un mythe particulier pour interpréter des religiosités différentes ou des migrations espacées de plusieurs siècles. Ces critiques ont cependant laissé intactes les bases de l’hypothèse de Nimuendajú et n’ont pas repris le dossier des migrations du XIXe siècle.

C’est à reprendre ce dossier fondateur des études guarani que s’attache cette thèse. Loin de prendre parti dans le débat, il s’agit d’opérer un double mouvement de contextualisation. Replacer d’une part les « migrations » du XIXe siècle dans leur contexte historique, en particulier les politiques indigénistes du moment ; reconstruire d’autre part la démarche et les circonstances qui ont permis à Nimuendajú, soixante ans après ces migrations, d’émettre son hypothèse. Ce travail ne permet pas seulement une relecture de la « Terre sans Mal » : il pose aussi les jalons pour une relecture de la religiosité guarani et la place qu’elle a prise dans les études contemporaines.

  • Mots-clés : Terre sans Mal ; Curt Unkel Nimuendajú ; João Henrique Elliott ; Indigénisme ; Migrations
  • Thèse d'anthropologie sous la co-direction d'Alban Bensa et João Pacheco de Oliveira
  • Date de soutenance : jeudi 6 novembre 2014

Jury

  • Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS, (directeur de thèse)
  • João Pacheco de Oliveira, professeur au Musée National, Universidade Federal do Rio de Janeiro (directeur de thèse)
  • Charlotte de Castelnau-L’Estoile, professeure d'histoire moderne à l’Université Paris Diderot, Paris 7
  • Isabelle Combès, professeur à l’Universidade Federal da Grande Dourados
  • Fabio Mura, professeur à l’Universidade Federal da Paraíba
  • Michel Naepels, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS
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Little go girls d'Éliane De Latour

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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