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Mohammed SHARQAWI

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Doctorant
Discipline(s) : Sociologie
Institution(s) de rattachement : EHESS

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y.mohammed.sh[at]gmail.com

Dans un contexte multiculturel, qu’est ce que le dire, et le faire communauté ? Le cas de l’immigration yéménite en Angleterre

Thèse de sociologie sous la direction de Blandine Destremau

Les immigrés yéménites font partie des premiers mouvements migratoires à s’être installés au Royaume-Uni. Pourtant, ils restent numériquement sous-représentés, voire « invisibilisés » par rapport à d’autres minorités du pays (Indiens, Pakistanais, Bangladeshis, Somaliens, etc.) ; par rapport aux subgroups auxquels peuvent appartenir ces dernières (Muslims, Blacks). Que ce soit en raison d’une quasi-absence de données statistiques, de travaux scientifiques qui leur soient consacrées, de la non-reconnaissance de la société dominante ou celle d’autres groupes dominants, les Yéménites du Royaume semblent avoir intégré un discours relevant de la non-reconnaissance du groupe auquel ils appartiendraient dans l’espace public britannique. Ainsi, la catégorie de « communauté yéménite » peut sembler ne pas faire sens dans cette société en tant que « real-type », que l’on peut à la fois observer et décrire. Mais il semblerait toutefois qu’elle soit reconnue par les personnes qui s’en revendiquent, à savoir les Yéménites eux-mêmes – immigrés et leurs descendants –, ainsi que par des personnes et des groupes issus d’autres « communautés culturelles », côtoyées dans les espaces urbains où ils vivent en Angleterre: par exemple dans certains quartiers où ils vivent et peuvent se frotter à ces autres groupes, en l’occurrence à Birmingham, et à Sheffield où j’ai réalisé mon terrain de thèse, mais aussi dans les premières villes portuaires où ils ont habité à l’instar de Cardiff, Liverpool, South Shields, et Hull.

A Birmingham, à Sheffield et dans une moindre mesure à Londres, les matériaux que j’ai soulevés lors de mon terrain de thèse ont conduit à identifier des composants sociaux très différents entre ces villes et, au sein d’une même ville parfois. D’un côté, le rapport entre environnement, institutions présentes et cette minorité, et de l’autre, les rapports entre les membres de cette dernière et leurs stratégies d’adaptation, permettent de comprendre comment se positionnent et se définissent les différents groupes ainsi que les différentes personnes – appartenant ou non à ces groupes –, grâce à des dynamiques et des pratiques différentes en raison desquelles la construction d’une « appartenance communautaire » est susceptible d’être vécue à différentes vitesses. De manière plus générale, alors que certains prennent le chemin d’une définition de soi orientée sur l’intérieur en se saisissant de ce que comporte de plus particulier leur identité, d’autres prennent, quant à eux, le chemin inverse de chercher des similitudes et des ramifications avec d’autres personnes ou d’autres groupes, ne parlant pas la même langue, n’appartenant pas à la même région géographique de provenance, n’ayant ni la même religion ni le même parcours culturel (les subgroups).

D’autre part, le multiculturalisme britannique, en tant que cadre où ce type de rassemblement, de définition de soi et de son groupe est possible, peut aussi subir des revers produits par un certain contexte : par exemple dès lors qu’un drame survient ou que les partis d’extrême droite font une percée dans les sondages du pays. Au-delà de ce modèle, c’est l’ « autre » ethnicisé, en tant qu’individu ou groupe issu de l’immigration qui est pointé du doigt. Dans un tel contexte, cet autre est repensé à l’aune d’une lutte pour la reconnaissance de sa différence dans l’espace public, défini par Nancy Fraser comme « espaces publics subalternes ».

Cette thèse a pour objet les enjeux de constructions et reconstructions identitaires chez les Yéménites en Angleterre, depuis les années 1950 à nos jours. A partir de ce cas singulier, je cherche à interroger la construction du concept de « communauté » de manière dyadique : dans l’entre-soi et par rapport aux autres, grâce à l’exploration de matériaux d’analyses (récits de vie, discours biographiques et institutionnels) collectés sur le terrain, c'est-à-dire la façon dont certains individus et groupes se saisissent de la catégorie « d’origine yéménite », pour tisser des liens singuliers avec des territoires et des histoires différenciées et, comment, malgré la pluralité des réalités vécues, des individus et des groupes peuvent participer à la fabrication d’un sens (pouvant faire consensus ou non) à ce qu’ils appelleraient la « communauté yéménite », à laquelle ils disent appartenir ou non. Pour ce faire, je vais replacer le concept de communauté dans son contexte, en posant à chaque fois la question de ce que « dire » et ce que « faire communauté » veut dire pour les personnes qui s’en revendiquent.

  • Mots-clés : groupes, minorités, subgroups, communauté, communautés culturelles, multiculturalisme, pays d’origine, pays d’accueil, immigration, Yéménites, espace public, autre, identité, reconnaissance

 

Enseignements

2016-2017 : Université Paris 13, UFR SMBH

  • Master 1 ISU – Interventions sociales et urbaines : Introduction à la sociologie de l’immigration (CM)
  • L1 STAPS – Sciences et techniques des activités physiques et sportives : Méthodologie générale en sciences sociales, l’entretien semi-directif (TD)
  • L2 SSS – Sciences sanitaires et sociales : Méthodologie générale en sciences sociales (TD)
  • L3 SSS : Techniques de recherche en sciences sociales (TD)

 

2015-2016 : Université Paris 13, UFR SMBH

  • L1 STAPS : Méthodologie générale en sciences sociales, l’entretien semi-directif (TD)
  • L3 SSS : Techniques de recherche en sciences sociales (TD)

 

Activités scientifiques

  • Membre de Halqa – Association des doctorants en sciences sociales sur les mondes musulmans modernes et contemporains.
  • Membre de SeSaMO – Italian Society for Middle Eastern Studies.

 

Principales responsabilités

 

Principales communications

  • 2016, « Yemeni orgaisations in the UK : confronting forms of participation in a multicultural context », 41st pannel – Transnational Social Spaces and Migratory Trajectories : A Comparative Approach, XIIIth annual conference of the SeSaMO in Catania, Sicily, Italy.
  • 2015, « Ce que la proximité culturelle du chercheur avec son terrain de recherche permet de comprendre : le case des migrations », pour la journée d’étude « Voyage vers le même. Réflexions sur l’’ethnographie chez soi’ » en sciences sociales des religions, EHESS

 

Principales publications

Recensions :

  • 2014, The last of the Lascars : Yemeni Muslims in Britain, 1836-2012, Avant-propos de Humayun Ansari, Leicester, Kube Academic, 2014., Revue Tiers Monde, Armand Colin, Analyses bibliographiques, 2014/2 n° 218, pp. 205-228.
EHESS
CNRS
Paris 13
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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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