Membres | Jeunes docteurs

Mohammed SHARQAWI

Mohammed Sharqawi
Sociologue

Coordonnées professionnelles

y.mohammed.sh[at]gmail.com

Domaines de recherche

Dans le cadre d’un contrat de recherche sur le projet H2020 PAVE (Preventing and Addressing Violent Extremism) à la FMSH, je travaille actuellement sur l’extrémisme violent au Liban, et plus particulièrement sur la radicalisation du discours politique du Courant Patriotique Libre (CPL) dans les médias et les archives, et les relations entre le CPL, l’institution étatique et l’institution religieuse représentée par l’église maronite.

  • Mots clés : Communautarisme, politisation, extrémisme violent, Moyen-Orient, Liban, Maronites, Courant Patriotique Libre

Dire et faire communauté en diaspora. Le cas de l’immigration yéménite en Angleterre (1950-2015)

Thèse de sociologie préparée à l'EHESS sous la direction de Blandine Destremau (CNRS), soutenue le 20 novembre 2020.

Cette thèse a pour objet la compréhension des mécanismes de construction communautaire au sein de la diaspora yéménite d’Angleterre. Elle couvre une période qui débute dans les années 1950, avec l’immigration d’ouvriers yéménites employés dans l’industrie anglaise. Elle s’arrête au début de l’année 2015, juste avant que l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ne déclenchent contre le Yémen la guerre appelée « tempête décisive ».

En menant une enquête de terrain dans les principaux foyers d’installation de l’immigration yéménite en Angleterre, à savoir Birmingham, Sheffield et dans une moindre mesure Londres, je me suis intéressé aux processus d'identification des individus et des groupes rencontrés, à ce qu’ils définissent comme communauté yéménite en Angleterre. J'interroge donc le concept de « communauté » à partir d’un cas à la fois peu exploré par la production scientifique contemporaine, et singulier par la grande pluralité des appropriations et des définitions qu'il recouvre.

Faisant partie des premiers mouvements migratoires provenant des pays du Sud à s’installer au Royaume-Uni, la diaspora yéménite est pourtant absente des statistiques ethniques. Ses membres sont conscients de l’invisibilité de leur groupe dans l’espace public anglais. Sans représentation officielle, le « dire et faire communauté » répond donc à un enjeu de construction d’une identité unitaire et de la défense d’intérêts communs. D’une part, l’affirmation d’une appartenance au Yémen contribue à la production de discours et de pratiques relatifs à la représentation qu’ont les Yéménites de leur groupe en Angleterre. D’autre part, la communauté prend corps par l’institution d’associations culturelles et de services. Leurs dirigeants, tout comme des cadres politiques yéménites, tentent d’imposer aux Yéménites de la diaspora leur propre conception de ce que doit être la communauté yéménite en Angleterre. Ce pouvoir s’appuie tantôt sur la préservation de la communauté yéménite contre l’intrusion des valeurs britanniques, tantôt sur la remise en question de l’unicité de cette communauté.

En effet, le contexte politique yéménite détermine toujours les relations au sein de ces groupes migratoires. L’actualité politique du Yémen reste brûlante depuis l’indépendance du Sud et la chute de l’imamat au Nord dans les années 1960 : elle est traversée par plusieurs conflits armés entre le Nord et le Sud et des épisodes répétés de guerres civiles. Ces conflits mettent à l’épreuve les relations entre les Yéménites d’Angleterre, réactivent constamment les enjeux politiques et produisent des rapports de force fluctuant entre groupes nordistes et sudistes de la diaspora. Ils contribuent à reconfigurer le récit autour de l’unité de la communauté yéménite et le remettent en question, en conduisant les personnes à redéfinir leurs appartenances et leurs perceptions de soi. Ils transforment aussi les pratiques transnationales politiques de solidarité en direction du Yémen.

Ma thèse démontre que les processus de construction d’une appartenance yéménite en Angleterre sont travaillés par des contextes sociohistoriques dynamiques et intriqués britannique, yéménite et diasporique. Ces contextes vont en permanence restructurer la communauté et conduire à réactualiser les relations de la diaspora à son pays d’origine sur le temps long de l’immigration.

  • Mots clés : communauté, Yémen, diaspora, multiculturalisme, Angleterre

Composition du jury

  • Stéphane Dufoix, professeur des universités, Sofiapol, Université Paris 10 Nanterre (rapporteur)
  • Vincent Latour, professeur des universités, Laboratoire Cultures anglo saxonnes (CAS), Université de Toulouse 2 Jean Jaurès (rapporteur)
  • Blandine Destremau directrice de recherche CNRS IRIS / EHESS (directrice de thèse)
  • Nancy L. Green, directrice d'étude EHESS, CRH
  • Danièle Joly, professeure des universités émérite, Université de Warwick et CADIS / EHESS
  • Franck Mermier, directeur de recherche CNRS IRIS / EHESS> Allocation, accueil et financement

Responsabilités principales

  • Panel convenor : « Long-term immigration and political participation here and there », Migration, Development, and Citizenship, APAD Conference, Roskilde University, Denmark, 23-25 May 2018.
  • Co-chargé de l’Atelier Migrations de l’EHESS (2016-2019).
  • Membre de Halqa – Association des doctorants en sciences sociales sur les mondes musulmans modernes et contemporains.
  • Membre de SeSaMO – Italian Society for Middle Eastern Studies.
  • Membre d’Afroeuropean Cultures and Identities research network.
  • Fellow de l’Institut Convergence Migration, axe INTEGER

Enseignement

  • 2017-19 CM (42h), Master 1 Sc.-Po., « Parcours humanitaire », Socio-histoire des acteurs de la solidarité internationale, Université Lille II, Lille.
  • 2017-19 CM (42h), Licence 2 Sc.-Po., Politics and Society in the Middle East, Université Lille II, Lille.
  • 2017-19 TD (60h), Licence 1 Sc.-Po., Science(s) du politique, Pouvoir(s), Etat(s), Université Lille II, Lille.
  • 2016-17 CM (20h), Introduction à la sociologie de l’immigration, Master 1 Interventions urbaines sociales, Université Paris XIII, Bobigny.
  • 2016 TD (28h), Méthodologie de l’enquête en sciences sociales, Licence 2 Sciences sanitaires et sociales (SSS), U. P. XIII, Bobigny.
  • 2015 TD (36h), Techniques de recherche en sciences sociales, L3 SSS, U.P. XIII, Bobigny.
  • 2015 TD (40h), L’enquête ethnographique : l’entretien semi-directif, L1 Sciences et techniques des activités physiques et sportives, U.P. XIII, Bobigny.

Principales communications

  • 2017 « Living in England, Participating in Yemeni politics », session intitulée « Mobilizations, Solidarities and Politics », 6th Afroeuropeans : Black Cultures and identities in Europe, 6-8 juillet 2017.       
  • 2017 « Discours sur l’appartenance à sa community d’affectation : le cas de la Yemeni Community Association » RT 35 « Sociologie des mondes associatifs », 7e congrès de l’AFS « Sociologie des pouvoirs, pouvoirs de la sociologie », 3-6 juillet 2017.
  • 2016 « Yemeni organisations in the UK : confronting forms of participation in a multicultural context », 41st pannel – Transnational social spaces and migratory trajectories : A comparative approach, XIIIth annual conference of the SeSaMO in Catania, Sicily, Italy.
  • 2016 « ‘Otherness’          or the price of not belonging : the case of the British-Yemenis », Fourth annual International centre for culture and cultural studies (CCCS), Conference : « Dislocations and cultural conflicts:    Migrations, diaspora, terrorism, borders, (MDTB), September 1-3, Skopje, Republic of Macedonia.
  • 2016 « Ce que la proximité culturelle du chercheur avec son terrain de recherche permet de comprendre : le cas des migrations », journée d’étude « Voyage vers le même. Réflexions sur l’‘ethnographie chez soi’ » en sciences sociales des religions, EHESS.
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