Thèse d'Aurélie AUDEVAL

Les étrangères indésirables et l'administration française, 1938-1942

Socio-histoire d'une catégorisation d'État

 

À partir d’un travail sur archives, cette thèse revient sur la constitution de la catégorie administrative d'Étrangèr.e Indésirable, en l’analysant sous le prisme du genre. Cette catégorie apparaît de façon massive au sein de l'administration du ministère de l'Intérieur français tout au long des années 1930. Elle devient une catégorie juridique avec l’adoption du décret du 12 novembre 1938 qui permet l'internement de toute personne qualifiée d'Indésirable, mais reste utilisée par les administrations de l’État Français après 1940. En étudiant parallèlement les décisions des administrations centrales et les pratiques locales du service des Étrangers de la préfecture de Marseille entre 1938 et 1942, cette thèse revient ainsi sur la question des continuités de l’État "au quotidien" en matière gestion des Indésirables. L'étude plus particulière du contrôle des Étrangères permet de mettre en lumière une dimension mal connue de l'internement, celui des femmes. Elle permet également d’analyser le traitement différencié des populations par l’État en raison du genre et jusque dans les usages de la qualification d'Indésirable, à une période où le maintien des individus dans des rôles sociaux différenciés, productif et reproductif, devient un enjeu central des politiques publiques. Enfin, ce travail a pour ambition de contribuer au débat sur la question de la mise en place de la Shoah en France, et plus précisément sur les dynamiques propres à l'appareil d'État français. Dans cette perspective, il entend poser la question des liens entre le développement des pratiques d'État envers les Indésirables dès les années 1930 et la décision de livraison des Juifs et Juives étrangères de zone sud en 1942. Ce faisant, c'est la question plus large des logiques d’ensemble qui gouvernent les politiques de gestion de population au sein des États modernes qu’il s’agit de poser. L’auteur avance ainsi l'hypothèse de la constitution parallèle de logiques éliminatrices et de logiques disciplinaires comme modalités d'action publique.

  • Thèse d'histoire sous la direction de Gérard Noiriel, EHESS
  • Date de soutenance : 12 avril 2016

Jury

  • Gérard Noiriel, (directeur de thèse), EHESS
  • Michel Agier, EHESS
  • Emmanuel Blanchard, Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines
  • Elisa Camiscioli, Binghampton University
  • Coline Cardi, Université Paris 8 Saint-Denis
  • Danièle Lochak, Université Paris 10 Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense
  • Elisa Mailänder, Sciences Po Paris
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