Publications | Dernières publications


	Violences conjugales

Violences conjugales

Du combat féministe à la cause publique

Pauline Delage
Paris,  Presses de Sciences Po,  [2017],  250 p.
Prix : 20,00 €

Longtemps, les violences sexuelles et conjugales ont été considérées comme un fait d’ordre privé. Longtemps, les sociétés ont nié qu’elles étaient la conséquence d’une domination masculine confortée par l’ordre établi. Si la question a été soulevée à partir du milieu du XIXe siècle en Europe et aux États-Unis, il faudra attendre les combats féministes de la fin du XXe siècle pour que ces violences soient reconnues comme un phénomène social et que l’État s’en empare.

C’est à ce bouleversement de perception, et à la transformation d’un combat en cause publique, que s’intéresse ici Pauline Delage. Elle montre comment, à partir des années 1970, les féministes ont identifié les violences sexuelles et conjugales, proposé des moyens spécifiques pour les traiter et élaboré une grille explicative les liant aux rapports structurels entre les femmes et les hommes.

Dans une enquête minutieuse, réalisée à partir de cas français et américains (région parisienne et comté de Los Angeles), l’auteure révèle comment professionnelles et militantes se sont saisies d’opportunités institutionnelles et politiques pour faire reconnaître ces violences, et retrace les processus qui ont conduit à légitimer l’intervention de l’État dans le domaine de l’intime. Son approche comparée met au jour les mécanismes d’institutionnalisation d’une cause, leurs fondements communs et leurs spécificités.

Pauline Delage est chercheure à l’Université de Lausanne. Elle a mené sa thèse, dont est issu cet ouvrage, au sein de l'Iris. Pauline Delage a reçu le prix de la thèse de la Ville de Paris pour les études de genre en 2014.

Sommaire

Introduction

  • Les prémisses du problème
  • Analyser la construction d’un problème public
  • Comprendre les transformations d’un mouvement social
  • Les deux cas de l’enquête : le comté de Los Angeles et l’Île-de-France
  • Jeux d’échelles : les termes de la comparaison

Chapitre 1 – De l’oppression des femmes aux violences

  • La question du viol comme matrice de l’analyse féministe
  • Donner du sens à l’expérience des femmes, comprendre le viol
  • Les violences sexuelles comme expérience constitutive
  • Une production analytique rapide aux États-Unis
  • Une cause féministe définie dans l’espace des mouvements sociaux
  • Les féministes et la gauche
  • Les féministes et la justice pénale
  • Femmes battues et battered women : les prémisses d’un problème public
  • Créer des moyens de remédier aux problèmes
  • Le rape crisis center : un lieu d’accueil, un mode d’action féministe aux États-Unis
  • Des entrepreneurs de cause différenciés : un collectif national en France et des dispositifs locaux aux États-Unis
  • Accueillir et héberger les « femmes battues »

Chapitre 2 – La cause militante au travail

  • Des régimes professionnels différenciés en France et aux États-Unis
  • Les dynamiques croisées de l’instauration des régimes professionnels
  • Devenir professionnelles
  • Devenir féministes
  • Des rapports au féminisme différenciés
  • Forme et force des régimes professionnels
  • Travail social et mental health : les formes des régimes professionnels
  • Bénévolat et salariat : les forces des régimes professionnels
  • L’héritage féministe au travail
  • Des principes féministes au fondement de la relation de service
  • Autonomie et empowerment dans un cadre professionnel
  • Travailler les émotions des professionnelles, travailler les émotions des victimes
  • Tensions professionnelles et politiques
  • Être professionnelles (avant tout ?)
  • Gérer des associations
  • Gérer des victimes
  • Un contexte institutionnel contraignant

Chapitre 3 – Institutionnaliser la cause militante, légitimer le problème public

  • Une cause, deux modes d’institutionnalisation
  • Un problème pénal aux États-Unis
  • Un problème d’égalité en France
  • Construire localement l’action publique contre la violence conjugale
  • Formalisation et institutionnalisation de la collaboration
  • La coordinated community response orientée vers la pénalisation aux États-Unis
  • Un encouragement des pouvoirs publics plus tardif en France
  • Partenaire/community : les contours du champ de l’action publique
  • Un travail pris dans un réseau d’interdépendance
  • Conflits définitionnels en pratique
  • Imposer un discours égalitariste contre-intuitif
  • S’adapter aux autres
  • Résister au poids de la pénalisation aux États-Unis ?
  • Transformations du travail politique
  • Division du travail militant et hiérarchisation des causes
  • Quelle grande cause ?
  • Un rassemblement exceptionnel : l’advocacy day
  • La hiérarchisation symbolique des causes
  • La petite entreprise associative dans un féminisme de marché
  • Se mettre en scène pour prendre place dans un marché des causes
  • L’évaporation du féminisme

Chapitre 4 – Violence conjugale et genre, le cœur des controverses

  • L’asymétrie de genre formalisée
  • Une formalisation académique plus rapide aux États-Unis
  • Outils psy et chiffres : entre singularisation et généralisation du phénomène
  • Le PTSD et l’emprise
  • Les garde-fous de la culturalisation du problème
  • Les chiffres de la violence conjugale
  • Les limites de la raison statistique
  • Maintenir l’asymétrie de genre dans les associations
  • Exclure ou prendre en charge ? Les associations face aux hommes auteurs de violences
  • D’une violence à l’autre : les femmes auteures de violences
  • La violence conjugale à l’épreuve des hommes victimes
  • Une définition troublée par de nouveaux problèmes publics à Los Angeles
  • La teen dating violence : entre prévention et innovation
  • Penser le genre et la sexualité dans la violence conjugale : un vrai dilemme
  • Penser la violence dans les couples de même sexe à Los Angeles
  • De la lutte contre la violence dans les couples de lesbiennes aux LGBT
  • La question des hommes victimes renouvelée
  • Un problème transnational, des luttes définitionnelles globales ?
  • Les violences conjugales comme violences faites aux femmes dans le monde
  • Appropriations locales des politiques publiques

Conclusion

  • La violence conjugale : question sociale et pénale
  • Transformations du problème public… et des féminismes
  • Genre et violence
  • Le problème de la violence conjugale comme prisme de changements sociaux multiples

Annexes

  • Choix d’anonymisation
  • Liste des principales organisations de l’enquête
  • Organisations états-uniennes
  • Organisations françaises
  • Liste des principaux entretiens semi-directifs enregistrés
  • Entretiens aux États-Unis
  • Entretiens en France
  • Analyse des archives

Bibliographie

 

  • Presses de Sciences Po, collection "Académique", mars 2017, 250 pages. ISBN : 978-2-7246-2035-1. 20,00 € Retrouver les informations sur l'ouvrage/commander : Violences conjugales

Violences conjugales

Du combat féministe à la cause publique

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

flux rss  EHESS

Big data & SHS

Journée(s) d'étude - Vendredi 16 juin 2017 - 09:00 "Big data & SHS - Regards et intérêts croisés pour la santé publique", journée d’étude organisée par Thomas Lefèvre & Sandrine de Montgolfier UMR8156 - U997.11 chercheurs français et étrangers en santé publique, venus des sciences sociales, de la médecine, de l'informatique, de l'épidémiologie partageront et croiseront leur regard, leurs expériences et leur intérêt pour la santé publique, au double prisme des Big Data et des sciences humaines et sociales.MatinéeSébastien Dalgalarrondo, CNRS Iris & INSEP, sociologie de la santé"Quantified self" et sportXavier Briffault, CNRS CERMES3, sciences sociales et épistémologie de la santéConséquences pratiques et épistémologiques du développement des objets connectés et big data en santé mentaleLuc Rocher, Université catholique de Louvain, Institute of Information and Communication TechnologiesComputational Privacy: on how human behavior bounds privacy and the privacy-conscientious use of big dataJoëlle Vailly, INSERM Iris, sociologie & anthropologieNouvel usage policier des données génétiques, une perspective anthropologiqueBenjamin Derbez, Mines ParisTech, Centre de Sociologie de l’InnovationLes bases de données de variants génétiques : un enjeu d’économie de la connaissance entre recherche et cliniqueAprès-midiCyrille Delpierre, INSERM & Université Toulouse III, épidémiologisteQuel apport du big data pour l'exploration des inégalités sociales de santé ?Louise Potvin, École de santé publique Université de Montréal, Chaire de recherche du Canada sur les approches communautaires et inégalités de santéD’où vient la complexité des interventions en santé des populations et comment la modéliser ?Nelly Robin, Université de Poitiers CNRS MIGRINTER, géographie avec Lakhdar Saïs Université d'Artois, Centre de Recherche en Informatique de LensParcours Migratoires et Données Multi-Sources. Des bases de données à la fouille de données en passant par l’intelligence artificielle, une méthodologie inédite pour réinterroger les espaces et les temporalités de la Traite des enfants et des femmesAlexandre Delanoë, CNRS Institut des Systèmes Complexes, sociologie, Chef de projet de la plateforme de fouille textuelle GargantextGargantext : comment faire un état de l'art en quelques minutesSandrine de Montgolfier, UPEC & INSERM Iris, épistémologie et histoire des sciences du vivantEnjeux éthiques soulevés par l’accès aux données de séquençage en oncogénétique du point de vue des professionnelsThomas Lefèvre, UP13 Iris & Hôpital Jean Verdier, médecineRetour d’expérience du groupe de réflexion ministériel « big data en santé » ; recommandations et analyses  

Lire la suite

Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.

Lire la suite

Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel 

Lire la suite

Plus d'actualités

EHESS
54 bd Raspail 75006 Paris
Tél : 33 (0)1 49 54 25 05 - Fax : 33 0(1) 49 54 24 28
iris@ehess.fr
Accès

UNIVERSITE PARIS 13
UFR SMBH 74 rue Marcel Cachin, 93017 Bobigny cedex
Tél : 33 (0)1 48 38 77 75 - Fax : 33 (0)1 48 38 88 62
iris@univ-paris13.fr
Accès

 


 

Liens rapides

Archives ouvertes de l'Iris

Carnets de recherche

Twitter Iris