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Liêm-Khê LUGUERN

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Historienne

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Thèse : Les "Travailleurs Indochinois". Étude socio-historique d'une immigration coloniale

Thèse d'histoire préparée à l'EHESS sous la direction de Gérard Noiriel, soutenue le 19 juin 2014

À l’époque de l’Indochine française, l’émigration des Vietnamiens vers la métropole est un phénomène minoritaire ; il concerne surtout des intellectuels et des étudiants venus parfaire leur formation en métropole. Les deux guerres mondiales troublent ce mouvement avec le recrutement de tirailleurs et de travailleurs indochinois en 1914, puis en 1939, permettant une incursion en métropole de dizaines de milliers de paysans indochinois. Reproduisant le précédent de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle 90 000 travailleurs et tirailleurs avaient été déplacés en métropole pour pallier la pénurie de maind’oeuvre, le plan Mandel, du nom du ministre des Colonies, prévoit en 1939 l’appoint de 300 000 travailleurs coloniaux à l’effort de guerre de la France. En avril 1940, 7 000 tirailleurs indochinois sur un total de 41 000 tirailleurs coloniaux sont présents sous les drapeaux en France. En juin de la même année, près de 20 000 « travailleurs indochinois » envoyés en métropole sont affectés comme ouvriers non spécialisés (ONS) dans les industries participant à la Défense nationale. La défaite de juin 1940 met fin à la réquisition et au déplacement de la main-d’oeuvre coloniale qu’il faut alors rapatrier. En 1941, le quart des « travailleurs indochinois » reprend le chemin de l’Indochine, mais la majorité reste bloquée en France par suite de l’arrêt des liaisons maritimes. À la Libération, la désorganisation de l’après-guerre et l’envoi de troupes françaises dans le cadre de la reconquête de l’Indochine retardent encore leur rapatriement, qui ne commence finalement qu’en 1946 pour s'achever en 1952. Plus d’un millier d’entre eux cependant choisirent de s'installer définitivement en France

This thesis tracks the history of the 20 000 Indochinese people conscripted in 1939 by the Ministry of Labour, to work for the National Defence, before being partly repatriated between 1948 and 1952. It analyses through a socio-historical approach the elaboration of a « narrative » of the history of the « Indochinese workers » and the methodological, epistemological and circumstantial obstacles that came against it. It questions the emergence of an « Indochinese worker » persona in the media, against the background of collective reception preoccupied with the issue of identities. To overcome the frame dictated by this « memorial present », the history of the « Indochinese workers » repositions these men’s journeys in the wider movement of traffic in a colonial and imperial context. It thus highlights the weight of social determinism in the migratory experience. Beyond public discourse and state categorisation, the deconstruction of a domination shows the vast diversity of social settings and journeys encompassed by the « Indochinese workers » entity. It thus leads to challenge the idea of a « colonial imaginary », by showing that representations and testimonials are resulting from a struggle – a coproduction in which the Indochinese literate elites played a key role. Questioning the current drift in public debates from the « social » towards the « racial », but also the ideas of « subordinate » and « colonial divide » that minimise social relationships to the coloniser / colonised antagonism, this thesis therefore intends to contribute to deconstruct the postcolonial immigration categorising.

Jury

  • Alban BENSA, directeur d’études EHESS
  • Andrew HARDY, maître de conférences, École Française d’Extrême-Orient (EFEO)
  • Gérard NOIRIEL, directeur d’études EHESS, directeur de thèse
  • Philippe PAPIN, directeur d’études, EPHE
  • Philippe RYGIEL (Rapporteur), professeur, Université Paris - Ouest - Nanterre - La Défense
  • Emmanuelle SAADA (Rapporteur), professeure associée, Université Columbia, New York

Publications

Ouvrage

  • Les Travailleurs indochinois requis, Parcours 1939-2006 [publication bilingue, français-vietnamien], Maison d’édition de Da Nang, Viêt-Nam, juin 2010, 255 pages.

Articles

Chapitres d'ouvrages

  • Les Stéréotypes de l’immigration asiatique, Immigrants, C. Dabitch (dir.), co-édition Futuropolis-BdBoum, 2010.
  • Les bûcherons indochinois dans le Vercors pendant la Seconde Guerre mondiale, Vercors des mille chemins. Figures de l’étranger en temps de guerre, Philippe Hanus et Laure Teulières (dir.), Un Comptoir d’édition, février 2013, 320 p. 170-185.
  • « Les travailleurs indochinois étaient-ils toujours des Indochinois travailleurs ? » in Mémoires des migrations, Temps de l’histoire (dir. Marianne Amar, Hélène Bertheleu, Laure Teulières), Presses Universitaires François Rabelais, collection Perspectives historiques, septembre 2015, p 51-68.

Principales communications

Colloques et conférences internationales

  • 2012, Le « travailleur indochinois » était-il toujours un Indochinois travailleur ?, communication dans le cadre du colloque international Mémoires des migrations et temps de l'histoire, organisé par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, en partenariat avec les laboratoires Framespa (CNRS / Université Toulouse II-Le Mirail, UMR 5136) et Citeres (CNRS / Université de Tours, UMR 6575), Paris.

Responsabilités scientifiques

  • Membre du comité de rédaction de la revue Migrance (association Génériques)
  • Responsable de projet pour la réalisation d’une exposition sur les Travailleurs Indochinois en région Midi-Pyrénées  dans le cadre d’un projet avec la Mairie de Toulouse et le laboratoire Framespa (Université Toulouse Jean-Jaurès). Vernissage prévu en avril 2016.
EHESS
CNRS
Paris 13
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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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