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Pierre GAUME

pierre_Gaume
Doctorant
Discipline(s) : Histoire
Institution(s) de rattachement : EHESS

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La police des existences irrégulières et incertaines.

Socio-histoire du vagabondage et de la mendicité au XIXe siècle

Thèse d'histoire préparée sous la direction de Gérard Noiriel

Legs de l’époque moderne, les délits de vagabondage et de mendicité furent des éléments importants du maintien de l’ordre au XIXe siècle. Incriminant les individus a priori dépourvus de ressources régulières, incapables de répondre d’un ancrage social ou professionnel satisfaisant, ils reçurent de nombreuses justifications théoriques. D’un point de vue pratique, ils furent les instruments d’une police des mobilités et des populations pauvres aux finalités multiples. Adossé à la législation sur les passeports, le vagabondage permit d’interpeller les individus qui circulaient hors du cadre légal. Avec la mendicité, il participait d’une gestion localiste de la pauvreté, qui visait à fixer les indigents, à limiter leurs circulations. En fin de siècle, cette vocation historique est interrogée, à travers la recherche d’un nouvel équilibre entre pénal et assistantiel, fondé sur des catégories génériques, déterritorialisées. Les délits furent également justifiés par un répertoire d’images et de représentations, essentiellement négatives, qui soulignaient l’altérité des mendiants et des vagabonds. Au cœur de l’activité des forces de l’ordre, ils ouvraient la voie à une gestion policière et administrative dont les modalités étaient très variées. L’appareil judiciaire n’intervenait que secondairement, à travers une justice de plus en plus expéditive. Loin d’être uniforme, cette police fut une source de conflits récurrents. L’analyse des parcours individuels dévoile une sociologie complexe, qui éclaire l’histoire des classes populaires, à travers plusieurs axes problématiques (mobilités, économie familiale, armée, vulnérabilité ou marginalité de certains groupes).

  • Mots clés : vagabondage, mendicité, pénalités, mobilités, nomades, pauvreté, bienfaisance, politiques assistantielles, récidive, réforme sociale et judiciaire, législation, imaginaire social, répertoires descriptifs, répression, gestion administrative et policière, justice, flagrant délit, jurisprudence, classes populaires, insécurité économique, circulations professionnelles, précarité, économie familiale, vulnérabilités.

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A legacy of the modern era, the offences of vagrancy and begging were important elements of XIXth century policing. These offences criminalised individuals who seemingly lacked regular resources and were unable to prove satisfactory social or professional integration, and received numerous theoretical justifications. From a practical point of view, they were the instrumentsused to police mobility and poor people, pursuing different aims. Backed by the legislation on passports, the offence of vagrancy made it possible to arrest individuals who were moving around outside the legal framework. Along with the offence of begging, it was part of a localised management of poverty, which aimed to immobilise the poor, limit their movements. At the end of the century, this historical usage is being questioned, with the search for a new balance between a penal approach and welfare, based on generic and deterritorialised categories. The criminalisation of these actions was also justified by a repertoire of images and representations, essentially negative, which underlined the otherness of beggars and vagrants. Placed at the core of the activity of the forces of law and order, they paved the way for police and administrative management in diversified ways. The judiciary only stepped in secondarily, through an increasingly expeditious judicial system. Far from being unified, this policing was a source of recurring conflicts. The analysis of individual trajectories reveals a complex sociological picture, which sheds light on the history of the working classes, through several problematic axes (mobility, family economy, army, vulnerability or marginalisation of certain groups).

  • Keywords: vagrancy, begging, penalties, mobilities, nomads, poverty, charity, welfare policies, recidivism, social and judicial reform, legislation, social imaginary, descriptive repertoires, repression, administrative and police management, justice, flagrante delicto, jurisprudence, working classes, economic insecurity, professional circulations, precariousness, family economy, vulnerabilities.

Enseignements

  • Professeur agrégé d’Histoire au lycée Robert Doisneau (Vaulx-en-Velin) depuis 2004

Activités scientifiques

  • Membre du comité de rédaction de la revue Histoire pénitentiaire, hébergée par Criminocorpus (Numéro sur "Patrimoine et architecture carcérale", publié en 2016 : voir ici l’appel à contribution et ici les articles).

Principales communications

  • 2016, "Le vagabondage au XIXe siècle : retour sur le sens et les usages d’un délit (1815-1912)", communication au séminaire du CESDIP, séance du 17 mai 2016.

  • 2014, "Police administrative, justice préventive ? Sens et usages du délit de vagabondage en France (1815-1850)", communication au colloque international Police et justice : le nœud gordien (1750 1850", Université de Genève, 21 novembre 2014.

Principales publications

Articles scientifiques

  • 2017, Pierre Gaume, "Le vagabondage, ou la police des existences irrégulières et incertaines : sens et usages d'un délit (France, 1815-1850)", Crime, Histoire et Sociétés, 2017, vol. 21, n°1, p. 79-100.

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