Ciesco - La confiance dans les institutions étatiques et scientifiques à l’épreuve du coronavirus

Coordination : Alexis Spire

Comment trouver les mots et les arguments adéquats pour convaincre la population d’adopter des comportements qui sont salutaires, non pas à titre individuel mais au nom de l’intérêt général ?

Le projet Ciesco vise à comprendre les conditions de réception et d’acceptation des discours des représentants de l’État et des scientifiques, à l’occasion de la crise du coronavirus. Les consignes pour endiguer l’épidémie nécessitent que l’ensemble de la population se les réapproprie et accepte de les mettre en œuvre. Certains y adhèrent, les appliquent mais d’autres se montrent plus sceptiques et les transgressions peuvent être nombreuses. À partir de matériaux quantitatifs et qualitatifs, trois axes de réflexion sont privilégiés :

  1. Un premier axe de ce projet consiste à explorer le lien entre les caractéristiques sociales des personnes et leur capacité à réagir différemment aux injonctions des scientifiques et aux messages envoyés par l’État.
  2. Une deuxième série de questions porte sur le processus au terme duquel les messages de santé publique finissent par être acceptés ou ignorés.
  3. Enfin, nous étudierons les effets de la survenue d’une « crise sanitaire » dans un contexte de "crise de l’hôpital public".

Pour saisir la dynamique temporelle des rapports que les individus entretiennent avec les messages de prévention, nous allons mobiliser plusieurs enquêtes réalisées à différents moments de l’épidémie.

  • Un premier questionnaire sera administré début avril par le biais du dispositif "Constances", pour connaître les pratiques préventives et la vie quotidienne en période de confinement. L’enjeu est de pouvoir mesurer l’évolution dans le temps des pratiques et des perceptions des mesures prises par les pouvoirs publics.
  • Un deuxième questionnaire statistique sera mobilisé et passé au mois de juin 2020, après que le pic de l’épidémie aura eu lieu. L’enquête qualitative sera déployée sur plusieurs volets.
    • L’un est consacré aux institutions hospitalières et aux personnels soignants. Au niveau de chaque structure, ces "gardiens du risque" doivent au jour le jour arbitrer entre les instructions transmises par les autorités et les contraintes pratiques auxquelles ils sont confrontés.
    • Le deuxième volet consiste en une approche localisée de la réception de l’épidémie, par le biais de deux enquêtes ethnographiques dans deux villes qui ont été très différemment touchées par le virus : nous envisageons de comparer le cas de Mulhouse qui a été identifiée comme l’un des premiers grands foyers de l’épidémie, avec une ville plus petite, Châteauroux, dans un département ayant été moins touché par le coronavirus.
  • L’enquête qualitative visera également à explorer la relation que les communautés religieuses et les fidèles entretiennent avec l’État et l’autorité médicale. On s’intéressera à la manière dont les fidèles et les communautés ont perçu le risque de transmission du virus, et les messages du gouvernement, en particulier quand ceux-ci viennent heurter les pratiques, croyances ou valeurs de la religion. L’investigation portera sur la communauté catholique et sur l’islam ; dans les deux cas, il s’agira de se demander dans quelle mesure les pratiques d’hygiène, les gestes de solidarité ou les formes de sociabilité ont été modifiées par cette période singulière.


 

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