L'Iris | Axes de recherche

Axe 1 - Ethnographie de la domination : pouvoirs, émancipations, subjectivités

Coordination : Isabelle Clair et Benoît Trépied

Cet axe s’intéresse à toutes les formes de domination en suivant une pluralité de domaines de différenciation (genre, classe, race, etc.). La notion de domination recouvre ici différentes façons de conceptualiser les hiérarchies sociales (rapports de pouvoir, rapports sociaux, inégalités). Cet axe prend le parti de les aborder principalement à partir d’une approche ethnographique, qui donne accès non seulement aux formes des interactions dans la relation de pouvoir, mais aussi à la manière dont engagements subjectifs, résistances et émancipations se dessinent dans les pratiques ordinaires. Il s’agit dès lors d’étudier les structures de domination ainsi que la capacité à agir et à résister, les marges d’autonomie, d’action, de déplacement que les sujets peuvent avoir à l’intérieur de ces structures. Sans masquer les contraintes économiques, juridiques, normatives ou autres qui délimitent le champ du possible, nos analyses s’ouvrent à des formes de pouvoir ou de résistance qui ne se limitent pas aux mobilisations collectives organisées ou politisées.

Un point de rencontre

L’ethnographie de la domination constitue aujourd’hui un point de rencontre pour les membres de l'Iris qui développent une anthropologie politique ou une sociologie critique. Elle est tout à la fois un objet de discussion transdisciplinaire permettant la mise en commun ainsi que la confrontation d’expériences de terrain et de corpus bibliographiques différents, et un parti-pris méthodologique partagé par-delà les disciplines : il s’agit de comprendre la domination en se fondant sur l’observation localisée de ses manifestations ordinaires. L’ethnographie n’est pas l’unique moyen d’accéder aux multiples formes de la domination, et nombre de nos recherches mobilisent plusieurs autres méthodes empiriques. Mais nous souhaitons mettre l’accent sur les apports spécifiques de cette démarche. Tout d’abord, l’attention aux processus longs et à des vies singulières permet d’appréhender les systèmes hiérarchiques à l’échelle locale, dans leurs formes toujours uniques. Elle rend par ailleurs plus saillantes les formes de résistance (mais aussi de réaction, d’initiative, de consentement et d’adhésion) les moins visibles ou les moins conventionnelles, et empêchent de réduire les subjectivités aux rapports de pouvoir dans lesquels celles-ci prennent forme. Enfin, conçues comme des expériences socialisatrices et engageantes, les enquêtes ethnographiques invitent à envisager les effets politiques de la relation entre sujet et objet de connaissance – entre le chercheur et ceux qu’il étudie – depuis la solidarité jusqu’à la violence théorique.

Des chantiers

L'axe 1 se déploiera en explorant de nombreux chantiers individuels et collectifs, qui se font écho. Ces multiples travaux feront dialoguer des lieux d’enquête extrêmement divers, ayant pour principaux pôles la France (rurale et urbaine), l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu), l’Afrique (Maghreb, Afrique centrale), l’Asie (Iran, Inde), ou l’Amérique latine notamment. Le dépassement des limites supposées des "aires culturelles" demeure au cœur du paradigme de l’Iris. Sans ignorer le rôle que ces aires culturelles exercent sur les situations sociales et sur notre manière de les étudier.

Subjectivités et résistances ordinaires

Nous nous intéresserons à la manière dont se déploient les subjectivités et les résistances ordinaires dans des groupes peu politisés ou en voie de politisation. C’est le cas en particulier dans des situations de migrations ou des situations postcoloniales, avec ce que cela implique pour comprendre l’État et la nation aujourd’hui.

Genre, sexualité, race et classe sociale dans les relations de pouvoir

Nous nous intéresserons également aux articulations entre genre, sexualité, race, et classe sociale dans les relations de pouvoir, en nous attachant à des objets empiriques divers : recomposition des classes sociales et mobilités sociales, rapport au travail, éthique de la gratuité ou de l’illégalité, ethnographie des rapports sociaux racialisés, des violences sexuelles, ou encore des normes conjugales.

Droit et vie des individus

Un ensemble de travaux porteront sur la manière dont le droit s’insère dans la vie des individus, à travers l’étude des conflits et des mobilisations dans des arènes administratives et judiciaires, en prenant particulièrement en compte les mobilisations environnementales, les affaires de santé au travail ou le rapport à l’impôt, et en réfléchissant au châtiment et à l’impunité.

Ethnographie des situations de violence

D’autres recherches viseront spécifiquement à aborder ethnographiquement les situations de violence physique et politique.

Lieux et objets ordinaires dans les rapports sociaux et de pouvoir

Enfin, un ensemble de travaux porteront sur la manière dont les individus se saisissent des lieux et des objets, notamment des objets ordinaires ou quotidiens, lorsqu’ils cristallisent rapports sociaux et de pouvoir, notamment quand il est question de "patrimoine".

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