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Soutien à notre collègue chercheur et aux étudiant.e.s victimes de violences policières à l’EHESS le 1er mai

Soutien à notre collègue chercheur et aux étudiant.e.s victimes de violences policières à l’EHESS le 1er mai

Les membres de l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) - Paris, le 14 mai 2018

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Le 1er mai 2018 vers 20h30, notre collègue Nicolas Jaoul, chercheur au CNRS (IRIS), ainsi que des étudiant.e.s, ont été victimes de violences policières attestées par différents témoignages écrits et audiovisuels. Elles/ils se trouvaient à l’EHESS au 96 boulevard Raspail, occupée depuis la veille par les étudiant.e.s, lorsque des manifestant.e.s poursuivi.e.s par des policiers se sont réfugié.e.s sur le site, aussitôt fermé par ses occupants et encerclé par la police. Nicolas Jaoul, qui cherchait une voie de sortie à l’arrière du bâtiment, s’est fait rouer de coups et mettre à terre par cinq agents de la police nationale en équipement anti-émeute. Alors qu’il n’opposait aucune résistance et déclinait son identité et sa fonction d’enseignant-chercheur, il a été insulté et a reçu des coups de pieds dans la tête. Les policiers l’ont menacé, lui disant qu’après ce qu’ils s’apprêtaient à lui faire subir, il « ne pourrait] plus jamais [e relever »et qu’ils allaient le « faire payer pour les étudiants », qui « font ça à cause de toutes les merdes » qu’il leur apprenait. Par ailleurs, une quinzaine de policiers,  dans un état de rage manifeste, tentaient de forcer la porte cochère, bloquée de l’intérieur par les étudiants, qui ont reçu des coups de bâton-tonfa et des jets de gaz lacrymogène à quelques centimètres du visage. Les policiers se sont retirés après l’intervention sur place du Président et du bureau de l’EHESS, qui ont accepté de raccompagner jusqu’au métro les étudiant.e.s souhaitant sortir du site et inquiets de possibles représailles dans le quartier.

De nombreux témoignages, y compris au sein du bureau de l’EHESS, soulignent l’état d’excitation des policiers, s’accordant à considérer que la résistance des étudiant.e.s empêchant l’accès du site à la police, puis l’intervention du Président ont évité ce soir-là des faits de violence dramatiques – une petite centaine d’étudiants étant encerclés, avec pour seule « échappatoire » l’échafaudage de chantier sur un bâtiment voisin.

De nombreux membres de l’IRIS étudient et dénoncent depuis longtemps les mésusages de la force et le climat de violence discrétionnaire auxquels sont souvent confrontés les habitant.e.s des quartiers populaires, les migrant.e.s et les minorités racisées. A présent, cette violence s’exerce aussi  dans nos universités. D’ailleurs, les répressions de manifestations ou d’occupations dans les universités de Grenoble, Strasbourg, Nanterre, Paris 1 ou encore Toulouse ces dernières semaines indiquent une routinisation de l’usage disproportionné de la force en première instance, sans préavis de dispersion ni aménagement de voie de retrait.

La mission première de l’université est l’enseignement et la recherche, et cette mission s’est construite historiquement dans une perspective de liberté de pensée, de gratuité et d’ouverture sociale. Nous sommes aujourd’hui concernés par la remise en cause de ces principes, par les atteintes souvent violentes aux franchises universitaires, par la paupérisation de l’université et le tri social à l’entrée comme mode de gestion de l’insuffisance chronique de ressources.

Dès lors, nous personnels, étudiant.e.s, chercheur.e.s, et enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’IRIS, condamnons la politique de répression violente des mobilisations étudiantes et réaffirmons notre soutien entier à celles et ceux qui, au sein des universités et institutions de recherche, et en solidarité avec d’autres secteurs du service public, se mobilisent contre les réformes en cours, et notamment le projet de loi ORE.

Nous tenons à souligner que les faits qui se sont déroulés le 1er mai à l’intérieur et à la sortie de l’EHESS 96 bd Raspail sont graves. Nous soutenons notre collègue, les étudiant.e.s agressé.e.s et blessé.e.s, et d’une façon générale les étudiant.e.s  mobilisé.e.s, dont nous saluons le courage et l’engagement.

Nous regrettons fortement l’état d’indifférence qui s’installe au sein de nos institutions vis-à-vis des luttes en cours et de leur traitement policier et tenons à nous en démarquer activement. Nous saluons l’attachement de la présidence de l’EHESS aux franchises universitaires et son engagement à les défendre. Aussi, nous appelons la présidence de l’EHESS à condamner fermement et publiquement ces violences policières injustifiables dans ses locaux et à leur sortie, rétablissant par là-même auprès de son personnel et de ses étudiant.e.s mobilisé.e.s un climat de confiance et de sécurité.

Signataires :

Julie Ancian

Aurélie Audeval

Christelle Avril

Anne-Claire Baratault

Adèle Blazquez

Etienne Bard

Véronique Bayer

Benoit Belloni

Elisabeth Belmas

Pierre Benetti

Abdel-Halim Berretima

Thierry Bonnot

Véronique Bontemps

Stefano Bory

Elsa Boulet

Michel Bozon

Hélène Bretin

Aurélien Cadet

Pénélope Calmejane

Julie Castro

Chiara Calzolaio

Mona Claro

Guigone Camus

Lisa Carayon

Gaëlle Chartier

Antoinette Chauvenet

Isabelle Clair

Natacha Collomb

Pamela Colombo

Emilie Counil

Christel Cournil

Christophe Coutanceau

Sébastien Dalgalarrondo

Gisèle Dambuyant

Blandine Destremeau

Helena Devillers

Antonella Di Trani

Antonin Dubois

Marie Ducellier

Emmanuelle Durand

Franck Enjolras

Didier Fassin

Camille Foubert

Tristan Fournier

Marcos Garcia de Teresa

Nolwenn Gauthier

Maziyar Ghiabi

Sabine Guez

Déborah Guy

Pascale Haag

Benoit Hachet

Ratiba Hadj-Moussa

Boris Hauray

Thomas Huet

Moritz Hunsmann

Daniele Inda

Gaelle Krikorian

Anouche Kunth

Rose-Marie Lagrave

Flavienne Lanna

Corinne Lanzarini

Eliane de Latour

Michèle Leclerc-Olive

Clémence Léobal

Chowra Makaremi

Hadrien Malier

Audrey Marcillat

Pascal Marichalar

Marion Maudet

Ali Mekki

Franck Mermier

Anne-Charlotte Millepied

Danielle Moyse

Julia Monge

Bernard Müller

Michel Naepels

Magnifique Neza

Barbara Niederer

Gérard Noiriel

Cécile Offroy

Shahnaz Ojaghi

Julie Pagis

Michel Peraldi

Constance Perrin-Joly

Luisa Piart

Anna Pomaro

Giovanni Prete

Luigigiovanni Quarta

Paco Rapin

Zoe Rollin

Sahar Saeidnia

Monique de Saint Martin

Caroline de Saint Pierre

Claire Salem

Sarah Sandré

Sara Scata

Mohammed Sharqawi

Constance Schuller

Regis Schlagdenhauffen

Nathanaëlle Soler

Alexis Spire

Nina Tarhouny

Annie Thébaud- Mony

Cécile Thomé

Mathieu Trachman

Benoit Trépied

Anne-Sophie Vozari

Hugo Wainsztok

Eric Wittersheim

A consulter :

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CNRS
Paris 13
INSERM

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