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AAC Un regard sur le changement à Cuba > 10 janvier 2015

AAC Un regard sur le changement à Cuba > 10 janvier 2015

Un regard sur le changement à Cuba : invention, innovation, rénovation, actualisation, nouvelles intégrations.

Vers un état des lieux de la recherche en Europe

 

Journées d’études organisées les 11 et 12 juin 2015 à Paris
 par Blandine Destremau (CNRS-Iris) ; Nils Graber (EHESS-Cermes 3) et Jérôme Leleu (EHESS-CEMI)

 

APPEL A CONTRIBUTIONS

Cuba traverse une intense période de changements, impulsés par les réformes lancées pour sortir le pays de la crise économique qu’il endure depuis les années 1990, renforcés depuis la présidence de Raul Castro en 2008. Dans le même temps, l'intégration internationale de Cuba semble se renforcer, de par son rôle dans les organisations internationales, la multiplication des partenariats bilatéraux avec les pays d'Amérique latine, mais également le Brésil, la Chine, et depuis peu, l'Union européenne.

Les travaux de sciences humaines et sociales portant sur Cuba, conduits en France et en Europe, se multiplient, mais ils demeurent éparpillés. Notre ambition est d’ébaucher un espace pluridisciplinaire d’échanges et de réflexion, intégrant jeunes chercheurs et chercheurs plus expérimentés, autour de la façon dont peuvent s’analyser les changements que traverse Cuba. Par cette rencontre, nous visons à faire dialoguer des approches qualitatives, quantitatives, micro et macro, la recherche « impliquée » et celle inscrite dans des cadres académiques, en une démarche réflexive autour de la construction, à partir de travaux de terrain originaux, d’un savoir sur le changement à Cuba. Des mises en perspectives historiques - ou relevant d'autres disciplines des SHS - interrogeant les dynamiques contemporaines seront également bienvenues.

Notre démarche réflexive adoptera deux orientations :

Au plan méthodologique, ces journées s’interrogeront sur la fabrique de la recherche : Comment le chercheur accède t-il à ses données, et comment son expérience affecte-t-il ses analyses ? Comment les plans macro et micro dans l’analyse s’éclairent-ils ou s’occultent-ils ? Que faire des « cas », des témoignages, des petites histoires ordinaires ? Existe-t-il un décalage important entre pratiques ordinaires et décisions politiques, entre pratiques et énonciations, et comment le traiter épistémologiquement et méthodologiquement ?

Au plan analytique et conceptuel, il s'agira de réfléchir à la construction d’interprétations sur ce qui se fait, ce qui se dit, ce qui change, à la lumière des mots clés du débat actuel sur le changement à Cuba : certains travaux se positionnent en termes d’« invention », terme qui à Cuba désigne les pratiques quotidiennes de résolution de problèmes divers, souvent très concrets. D’autres analysent les changements en termes d’innovation, sociale, politique, économique, écologique, etc., renvoyant à une adaptation créative des cadres structurants. D’autres enfin considèrent que les changements et réformes produisent un effet de rénovation – ou d’actualisation, terme officiel - du système socialiste cubain. Comment se construisent les postures de recherche et d’énonciation, sur quelle base épistémologique, méthodologique, voire de conviction ? A qui s’adressent-elles ?

Cette démarche réflexive prendra appui sur trois échelles d’analyse, qui pourront être articulées :

1) Les expériences des acteurs dans le contexte de changements actuels : inventions, innovations ? Que font les gens, quelles initiatives – entreprise, investissement, solidarité, participation, coopération, culture... - prennent-ils pour profiter des espaces ouverts par les réformes institutionnelles, avec quels moyens ? Comment les acteurs rencontrés lors des travaux de terrain énoncent-ils leurs expériences, initiatives, projets ? Comment se positionnent-ils par rapport au changement social à Cuba, par rapport aux réformes impulsées par le gouvernement ? En appellent-ils à des valeurs et normes « nouvelles », aux valeurs et normes révolutionnaires ? Quelles sont les expressions de contestation ; peut-on parler d'une créativité en matière de participation politique et culturelle ? Comment le chercheur peut-il interpréter ce qu’il entend, voit, observe ? Comment le mettre en perspective avec les autres échelles du changement ?

2) Les réformes politico-économiques, juridiques et sociales, leurs effets et leurs énonciations : rénovation, actualisation ? Comment sont pensées et mises en œuvre les réformes par les acteurs politiques et économiques ? Quels sont les textes juridiques qui les accompagnent ? Quels sont les effets sur la cohésion sociale, les agrégats économiques et les équilibres du pouvoir politique, et comment ces effets sont-ils envisagés ? Quelles sont les formes de solidarité, de coopération et d’intégration qui émergent et se structurent, pour répondre notamment aux restructurations du marché du travail et aux formes de production économique, à l’essor d’inégalités et de situations de pauvreté, aux besoins de prise en charge des personnes âgées, aux dislocations familiales, aux problèmes de logement ; qu'en est-il des innovations en matière de politiques sociales et d’assistance ? La recherche prend-elle position à l’égard de ces réformes, sur quelles bases ? Peut-elle se mettre au service des politiques publiques, de groupes d’intérêts ?

3) Les intégrations régionales et globales. Comment les politiques internationales de Cuba, au niveau des accords commerciaux, des collaborations scientifiques et médicales, des programmes humanitaires et de l'aide au développement, des échanges culturels, se construisent-elles localement à travers des acteurs et institutions spécifiques ? Comment contribuent-elles à produire, accompagner, aménager les transformations en cours ? Quelle est la place des organisations régionales et internationales dans ces échanges ? Quel est le travail du chercheur à cette échelle, dans quel espace de dialogue se situe-t-il ?

 

Calendrier

Les personnes intéressées sont priées d’envoyer au plus tard le 10 janvier 2015 à l’adresse conf.cubaparis2015@gmail.com :

  • un grand résumé de 5000 signes environ qui mentionne les travaux de recherche conduits à /sur Cuba et propose une démarche réflexive selon les orientations élaborées ci-dessus (méthodologique, analytique et conceptuelle);
  • et une dizaine de lignes de bio-bibliographie (en français, espagnol ou anglais)

Les réponses seront envoyées le 20 février 2015, avec une proposition de programme. Les présentations orales se feront en anglais ou en espagnol.

Une publication est envisagée dans le International Journal of Cuban Studies. Un nouvel appel à des textes finalisés sera envoyé à cette fin à l’issue du colloque.

 

Comité scientifique : Janice Argaillot, Université de Grenoble 3 –Stendhal ; Claes Brundenius, Institut de recherche politique, Université de Lund, Suède ; Sabrina Doyon, Université de Laval, Québec ; Hortense Faivre d’Arcier, UMR 8138 - IRICE – Université Paris 1 ; Marie Laure Geoffray, IHEAL-CREDA- CNRS UMR 7227, Paris ; Janette Habel, Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Paris ; Marta Nuñez Sarmiento, Centro de Estudios de Migraciones Internacionales (CEMI), Université de La Havane, Cuba ; Pedro Monreal, UNESCO ; Karel Negrete, Université de La Havane et Université Paris Ouest Nanterre La Défense ; Pierre Salama, Centre d’économie de Paris Nord, CEPN/ CNRS-UMR 7115 ; Jacques Sapir, CEMI-EHESS, Paris ; Yves Sintomer, Université Paris VIII ; Nelson Vallejo Gomez, Programme scientifique Amériques FMSH (CEMI), Paris; Ana Vera Estrada, Instituto Cubano de Investigación Cultural Juan Marinello, Cuba ; Angelica Wehrli, Université de Lucerne, Suisse ; Stephen Wilkinson, King's College London, Institute for the study of Cuba, Grande-Bretagne.

Comité d’organisation : Blandine Destremau, IRIS-EHESS ; Nils Graber, EHESS-CERMES 3 ; Jérôme Leleu, EHESS-CEMI ; Marie-Laure Geoffray, IHEAL-CREDA-CNRS UMR 7227 ; Janette Habel, Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) ; Stephen Wilkinson, King's College London, Institute for the Study of Cuba, Grande-Bretagne.

A consulter :

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

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