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AAC > Identité et identification par l'ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques - 1er mars 2018

Colloque international, Paris, 11 et 12 octobre 2018

AAC > Identité et identification par l'ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques - 1er mars 2018

Appel à contributions

Identité et identification par l'ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques

Date limite d'envoi des propositions : 1er mars 2018
Colloque international, Paris, 11 et 12 octobre 2018

English version below

Comité scientifique / Comité d’organisation : Pascal Beauvais (Pr Université Paris Nanterre, CDPC), Florence Bellivier (Pr Université Paris Nanterre, CDPC/CRNST), Elisabeth Fortis (Pr Université Paris Nanterre, CDPC), Gaëlle Krikorian (post-doctorante Inserm, Iris), Christine Noiville (DR CNRS, CRNST), Florence Paterson (IGR ARMINES, CSI), Vololona Rabeharisoa (Pr PSL MINES ParisTech, CSI), Joëlle Vailly (DR CNRS, Iris)

Si la grande majorité des études en sciences sociales dans le domaine de la génétique sont relatives à la santé, ce colloque s’en distingue par le fait qu’il concerne les usages non médicaux de l’ADN. Ceux-ci se développent depuis une vingtaine d’années, dans des domaines aussi divers que les enquêtes policières et judiciaires, les demandes de regroupement familial en cas de migration, les recherches en parenté ou l’identification de victimes. L’identification des personnes par rapprochement d’ADN a conduit notamment à la constitution de vastes fichiers dits d’empreintes génétiques qui se développent dans de nombreux pays. En outre, de nouvelles approches visent à établir des corrélations entre d’une part des séquences d’ADN, d’autre part l’origine géographique et/ou des traits caractéristiques de l’apparence physique des personnes. C’est dire qu’au-delà de l’identification des personnes, leur identité même peut se trouver influencée par ces approches qui sont au cœur des biopolitiques contemporaines. Plus généralement, les diverses techniques qui visent à l’identification des personnes agissent sur leur identité sociale.

Certaines de ces techniques suscitent des débats moraux et politiques, voire des controverses, alors que d’autres n’en provoquent pas ou peu. Dans certains cas, l’ADN semble apporter des solutions à certains problèmes sociaux, alors que dans d’autres, il interroge de nouveau. Dans tous les cas, ces pratiques posent à nouveaux frais des questions classiques des sciences sociales. Elles contribuent en effet à reconfigurer un ensemble de frontières, ou pour paraphraser Ian Hacking, de « nœuds » sociaux, autrement dit de tensions résultant de tendances contradictoires : entre régimes de vérité et incertitudes, entre sécurité et liberté, entre identification et catégorisation des populations, entre souveraineté nationale et échanges internationaux.

Prenant appui sur ce constat, ce colloque vise à explorer quatre ensembles de questions :

1) Régimes de vérité et incertitudes : quelle est la place accordée à la preuve ADN par rapport aux autres preuves ou à d’autres indices, tels que les empreintes digitales ? Les différents acteurs sociaux (magistrats, enquêteurs, généticiens, etc.) ont-ils des points de vue différents selon la technique employée ? Quel rôle jouent ces innovations dans le puzzle que le professionnel sur les traces de la vérité doit constituer ? Quelle confiance est accordée à la preuve par l’ADN ? Le retour d’expérience des vingt dernières années incite-t-il à ménager à l’ADN une nouvelle place en tant que « machine de vérité » ?

2) Sécurité et liberté : comment sont définies socialement les formes de l’équilibre entre deux objectifs que sont d’un côté la sécurité et le bien-être des populations et d’un autre côté le respect des libertés et des droits individuels ? Comment sont délimités les fichiers génétiques en termes de contours et de contenu ? Quelle est la réception de ces innovations par le public ? Comment sont réparties les responsabilités entre les différents acteurs (magistrats, officiers de police, généticiens, etc.) dans l’alimentation, la gestion et la consultation des fichiers, le recueil des échantillons, la conservation et l’échange des données ?

3) Identification et catégorisation des populations : comment les questions d’identification (par rapprochement d’ADN) s’articulent-elles avec les objectifs de catégorisation des populations ou de caractérisation des personnes (origine géographique, etc.) ? Quelles interrogations morales, quels débats politiques émergent à ce sujet ? Que nous disent ces débats (ou leur absence) de la manière dont l’ADN transforme l’identification et la caractérisation des personnes ? Comment ces différentes pratiques influent-elles sur les politiques contemporaines de l’identité ?

4) Souveraineté nationale et échanges internationaux : comment la circulation des savoirs, des informations et des personnes se combine-t-elle à des régulations nationales en matière de collecte et de conservation des données ? Quelles sont les garanties données en contrepartie des informations échangées ? Quelles sont les personnes susceptibles d’être concernées par ces échanges internationaux (personnes recherchées, individus sous surveillance spécifique, personnes en situation irrégulière, etc.) ? Existe-il plus ou moins d’informations personnelles échangées depuis l’usage de l’ADN ?

Ce colloque propose un dialogue interdisciplinaire sur ces questions entre sociologues, anthropologues, juristes et historiens. 

Calendrier

  • Les personnes intéressées sont invitées à envoyer au plus tard le 1er mars 2018 à l’adresse : identification2018@ehess.fr
    • un résumé de 6000 caractères environ qui présente le travail de recherche conduit sur ces thèmes (en français ou en anglais) ;
    • une dizaine de lignes de bio-bibliographie (en français ou en anglais)
  • Les réponses aux propositions seront envoyées le 2 avril 2018, avec un pré-programme.
  • Les contributions seront attendues pour le 11 septembre 2018 afin de faciliter la discussion.
  • Les présentations orales se feront en anglais ou en français. Une traduction simultanée sera assurée. Contact et informations : vailly@ehess.fr

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet FiTeGe « Fichiers et témoins génétiques : généalogie, enjeux sociaux, circulation » soutenu par l’Agence nationale de la recherche (plus d’informations sur http://fitege.hypotheses.org/).

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Genetic identities and identification: social issues surrounding non-medical DNA testing

International Conference to be held 11th-12th October 2018 in Paris

Academic convenors/ Organising committee: Pascal Beauvais (Professor University of Paris Nanterre, CDPC), Florence Bellivier (Professor University of Paris Nanterre, CDPC/CRNST), Elisabeth Fortis (Professor University of Paris Nanterre, CDPC), Gaëlle Krikorian (Inserm Post-Doctoral Fellow, Iris), Christine Noiville (CNRS Research Director, CRNST), Florence Paterson (Research Assistant ARMINES, CSI), Vololona Rabeharisoa (Professor PSL MINES ParisTech, CSI), Joëlle Vailly (CNRS Research Director, Iris)

CALL FOR PAPERS

Whereas the vast majority of social science studies on genetics concern health, this conference takes a different approach focusing on non-medical uses of DNA. These have developed substantially over the past two decades in a variety of fields ranging from police/legal investigations and family reunification applications in migration to familial searching and victim identification. In a number of countries, the identification of people using DNA comparison has resulted in large databases of DNA profiles being compiled. Furthermore, new approaches are being devised aimed at establishing correlations between, on the one hand, DNA sequences and, on the other, people’s geographical origin and/or characteristic traits of physical appearance. This shows how, beyond the simple question of identifying people, their very identity seems to be influenced by these approaches at the centre of contemporary biopolitics. More generally, the various techniques aimed at identifying people also inform their social identity.

Some of these techniques raise moral and politic debate or even controversy, while others do not or not to the same extent. In certain cases, DNA seems to provide solutions to social problems, whereas in others it seems to create new ones. Across the board, though, these practices invite a fresh approach to traditional social science questions. They contribute to reconfiguring a whole set of social boundaries or, to paraphrase Ian Hacking, social ‘knots’, i.e. tensions resulting from contradictory trends: between regimes of truth and uncertainty, between security and freedom, between identifying and categorising populations, and between national sovereignty and international exchange.

The conference will explore four sets of questions:

1)      Regimes of truth and uncertainty: what place does DNA evidence hold compared to other forms of evidence or other clues, such as traditional fingerprints? Do the opinions of the different social actors involved (magistrates, investigators, geneticists, etc.) differ depending on the technique being used? What role do these innovations play in the puzzle facing professionals as they try to piece together the truth? How much faith is placed in DNA evidence? Does feedback from the past 20 years’ experience suggest DNA should be given a new role as a ‘truth machine’?

2)      Security and freedom: what social definitions inform the balance between the two aims of, on the one hand, ensuring populations’ security and wellbeing, and, on the other, respecting individuals’ freedom and rights? How is the scope of DNA databases defined, in terms of limits and content? How does the public view these innovations? How are responsibilities divided between different actors (magistrates, police officers, geneticists, etc.) when it comes to adding, managing, and consulting files, collecting samples, and storing/exchanging data?

3)      Identifying and categorising populations: how are issues of identification (through DNA comparison) linked to aims for categorising populations or individuals (geographic origin, etc.)? What moral questions and political debates emerge in this regard? What can these debates (or lack of debates) tell us about the way in which DNA changes the identification and categorisation of people? How do these different practices influence contemporary identity politics?

4)      National sovereignty and international exchange: how does the circulation of knowledge, information, and people combine with national regulations in terms of data collection and storage? What guarantees are provided in return for the information exchanged? Which people are likely to be concerned by these international exchanges (people on a wanted list, people under specific surveillance, undocumented people, etc.)? Have more or less personal details been exchanged since DNA has been in use?

This conference aims to engage interdisciplinary dialogue around these issues between sociologists, anthropologists, legal specialists, and historians.

CALENDAR

  • Potential participants are invited to send:
    • an abstract of approx. 6000 characters outlining the research conducted on these topics (in French or English);
    • a bio-bibliographical blurb of approx. 10 lines (in French or English).
  • to the following address by March 1st 2018 at the latest: identification2018@ehess.fr
  • Decisions about proposals will be sent on April 2nd 2018, along with a preliminary programme.
  • Full papers are expected by September 11th 2018 in order to facilitate discussion.
  • Presentations should be given in English or French. Simultaneous translation will be provided.
  • Contact and information: vailly@ehess.fr

This conference is organised as part of the FiTeGe project “Genetic Databases and Witnesses: Genealogy, Social issues, Circulation”, funded by the National Research Agency/Agence nationale de la recherche (more information available here: http://fitege.hypotheses.org/).

A consulter :

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

IRIS - EHESS
54 bd Raspail 75006 Paris
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IRIS - UNIV. PARIS 13
UFR SMBH 74 rue Marcel Cachin, 93017 Bobigny cedex
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