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AAC > Durkheim et la socialisation – 27 mai 2017

Journée d'études à Paris, deuxième quinzaine d’octobre 2017

Appel à communication > 27 mai 2017

Durkheim et la socialisation

Journée d’étude organisée par le RT4 et le RT50 de l’Association Française de Sociologie, avec le soutien du CESSP (CNRS, Paris 1, EHESS), du CIRCEFT-ESCOL (Paris 8) et du LIRTES (UPEC).
Paris, deuxième quinzaine d’octobre 2017

Contact et organisation

  • Les propositions compteront de 3000 à 4000 signes (tout compris) et devront être envoyées par courriel à l’adresse suivante : durkhsoc@gmail.com, le 27 mai 2017 au plus tard.
  • Il n’est pas nécessaire d’inscrire formellement les propositions dans une des trois thématiques indicatives présentées ci-dessus mais il faudra présenter clairement l’objet étudié, les matériaux exploités et les modalités de leur production et de leur analyse.
  • Les candidats seront informés des modalités pratiques de participation avant le 16 juin 2017.

À l’occasion du centenaire de la mort d’Émile Durkheim, les RT4 (sociologie de l'éducation) et 50 (Socialisations) de l’Association Française de Sociologie organisent une journée d’étude dédiée à la façon dont les questions de socialisation peuvent être abordées au prisme des travaux de cet auteur. Ces derniers constituent en effet l’une des principales sources auxquelles dès les années 1960 ont puisé tant les sociologues intéressés par la formation des « manières de sentir, de penser et d’agir » que ceux spécialisés dans l’étude du système scolaire.

Le terme de « socialisation » était toutefois peu répandu chez Durkheim et les sociologues contemporains. On n’en compte qu’une seule occurrence dans les ouvrages et mémoires de l’auteur parus de son vivant, à la fin de son mémoire de 1898 sur La définition du phénomène religieux. Quant à sa définition de l’éducation comme « socialisation méthodique de la jeune génération », souvent reprise, elle n’apparaît que dans la leçon d’ouverture de sa chaire de la Sorbonne (1902), ainsi qu’en 1911 dans un article de dictionnaire. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas traité de la notion de socialisation. Néanmoins, la rareté de l’emploi du vocable explique vraisemblablement la variété des points de vue sur ce que le sociologue a pu entendre sur un plan conceptuel – comme on s’en convaincra en comparant, par exemple, les analyses de Philippe Steiner et de Muriel Darmon. La journée d’étude entend tirer profit de ce flou pour en explorer les potentialités. Toute communication résonnant clairement avec les deux termes de son titre est susceptible d’être retenue. Les communications s’inscrivant dans un ou plusieurs des trois axes suivants retiendront cependant plus particulièrement l’intérêt du comité scientifique.

Axe 1. Les registres d’étude  de la socialisation chez Durkheim

Le comité attend des propositions sur les différentes manières dont Durkheim a étudié ce qu’on appelle aujourd’hui socialisation. Il privilégiera celles attachées à reconstituer le contexte historique afin de clarifier (ou d’exhumer) certaines positions de Durkheim, ou de relier différents aspects de son œuvre pour en souligner la cohérence inaperçue ou pour y relever des contradictions. Les propositions pourront porter – à titre indicatif – sur les relations entre les travaux de Durkheim sur le totémisme et ceux sur les sociétés occidentales, sur les registres d’argumentation et d’objectivation qu’il a employés, sur ce que doivent ses positions ou leur évolution à sa trajectoire ou au contexte historique (général, relatif aux réformes scolaires de la IIIe République ou spécifique au champ philosophique), ou encore sur la place qu’ont prise dans ses conceptualisations certaines thématiques particulières (on pense, entre autres, à l’importance qu’il accorde à l’enveloppement institutionnel dans ses travaux sur la « vie pédagogique », à l’évolution de sa conception des différences entre hommes et femmes entre Le suicide et son mémoire paru l’année suivante sur La prohibition de l’inceste, à la morale dans ses travaux sur l’éducation ou encore aux émotions dans Les formes élémentaires de la vie religieuse).

Axe 2. Durkheim, la socialisation et leurs héritages

Le comité sera également intéressé par toute communication consacrée aux relations entre le développement des recherches sur la socialisation et les réinvestissements de la sociologie de Durkheim – dont certains des enjeux ont été dégagés par Jean-Claude Chamboredon. Là encore, il valorisera la contextualisation historique ainsi que l’identification de conséquences sur la pratique contemporaine de la sociologie.

Notamment, si Durkheim a insisté sur la fonction d’intégration morale de l’école, il a réservé la socialisation logique à ses recherches sur les sociétés totémiques – si l’on excepte quelques passages de son cours sur L’évolution pédagogique en France. Or c’est précisément sur l’étude de la socialisation logique induite par l’institution scolaire que s’est reconstruite la sociologie du système éducatif, à travers des auteurs comme Pierre Bourdieu, Viviane Isambert-Jamati ou, un peu plus tôt outre-Manche, Basil Bernstein. Par la suite, la figure de Durkheim a régulièrement été mobilisée par la sociologie scolaire, comme à l’occasion des deux journées d’étude de 1992, Durkheim sociologue de l’éducation. C’est par ailleurs dans la lignée des propositions que Pierre Bourdieu a élaborées sur le terreau durkheimien que se sont développées les recherches plus récentes sur l’incorporation des faits sociaux, au cœur de l’étude de la socialisation.

Seront donc vivement appréciées les communications suivant ce type de pistes en s’interrogeant sur la façon dont l’œuvre de Durkheim a été lue, investie, exploitée, révisée et, peut-être, déformée, pour mieux comprendre ce que les manières d’étudier leurs objets peuvent devoir à cette histoire-là, et quels angles morts peuvent en résulter.

Axe 3. Étudier la socialisation aujourd’hui : continuités et ruptures avec Durkheim

Enfin, seront particulièrement bienvenus les comptes rendus de recherches empiriques originales sur les processus de socialisation capables de tirer parti de l’œuvre de Durkheim ou, au contraire, d’y déceler des manques – voire des erreurs. Toute thématique est susceptible d’intéresser ici les organisateurs, depuis les plus traditionnellement rattachées à l’étude de la socialisation (système éducatif, corps, genre, etc.) jusqu’aux plus récentes et aux moins explorées (sociabilités en ligne ou téléphoniques par exemple). Une attention privilégiée sera néanmoins accordée aux communications organisées autour de la discussion serrée des travaux et des thèses de Durkheim.

 

Comité scientifique

  • Christian Baudelot, professeur émérite, CMH – ENS
  • Stéphane Beaud, professeur des universités, ISP – université Paris-Ouest
  • Isabelle Coutant, chargée de recherche, IRIS – université Paris 13
  • Bertrand Geay, professeur des universités, CURAPP – université de Picardie Jules Verne
  • Marie Jaisson, professeur des universités, IRIS – université Paris 13
  • Marc Joly, chargé de recherche, PRINTEMPS – UVSQ
  • Séverine Kakpo, maîtresse de conférences, CIRCEFT-ESCOL – université Paris 8
  • Sophie Orange, maîtresse de conférences, CENS – université de Nantes
  • Fanny Renard, maîtresse de conférences, GRESCO – université de Poitiers
  • Nicolas Sembel, professeur des universités, ADEF-Ergape – Aix-Marseille université
  • Philippe Vitale, maître de conférences, LAMES – Aix-Marseille université

Ainsi que les membres du comité d’organisation.

 

Comité d’organisation

  • Cédric Barbier, doctorant, CIRCEFT-ESCOL – université Paris 8
  • Stéphane Bonnéry, professeur des universités, CIRCEFT-ESCOL – université Paris 8
  • Martine Court, maîtresse de conférences, LAPSCO – université Clermont Auvergne
  • Muriel Darmon, directrice de recherche, CESSP – EHESS, université Paris 1 Panthéon- Sorbonne
  • Anne-Claudine Oller maîtresse de conférences, LIRTES – université Paris-Est Créteil
  • Rémi Sinthon, post-doctorant, CEET – CNAM

A consulter :

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

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