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Pablo Barbosa : (En)quête de la "Terre sans Mal". Histoire et migration d'un mythe

Jeudi 6 novembre 2014, 15h, EHESS 190 av. de France 75013 Paris

Soutenance de thèse d'anthropologie présentée publiquement par Pablo Barbosa sous la co-direction d'Alban Bensa et João Pacheco de Oliveira

(En)quête de la "Terre sans Mal". Histoire et migration d'un mythe

Jeudi 6 novembre 2014, 15h, EHESS 190 av. de France, 75013 Paris, salle Jean-Pierre Vernant


 

Résumé

Le mythe apapocúva-guarani de la « Terre sans Mal » surgit dans la littérature américaniste sous la plume de Curt Unkel Nimuendajú en 1914. Dans ce livre qui a marqué profondément les études contemporaines sur les Guarani, Nimuendaju postulait que les migrations des groupes guarani au XIXe siècle depuis le Mato Grosso vers l’est s’expliquaient en fonction de la recherche du paradis perdu qu’est la « Terre sans Mal ». Il suggérait ensuite que la même explication pouvait être appliquée aux « migrations » de nombreux groupes tupi-guarani à l’époque coloniale, voire précolombienne. La suggestion a été prise au pied de la lettre par Alfred Métraux et, après lui par de nombreux chercheurs. La « Terre sans Mal » est ainsi devenue le pilier de la religiosité guarani, et un thème obligé des ouvrages anthropologiques.

Ce n’est qu’au cours des deux dernières décennies que des critiques plus ou moins fortes ont vu le jour, s’insurgeant contre l’utilisation, jugée abusive, d’un mythe particulier pour interpréter des religiosités différentes ou des migrations espacées de plusieurs siècles. Ces critiques ont cependant laissé intactes les bases de l’hypothèse de Nimuendajú et n’ont pas repris le dossier des migrations du XIXe siècle.

C’est à reprendre ce dossier fondateur des études guarani que s’attache cette thèse. Loin de prendre parti dans le débat, il s’agit d’opérer un double mouvement de contextualisation. Replacer d’une part les « migrations » du XIXe siècle dans leur contexte historique, en particulier les politiques indigénistes du moment ; reconstruire d’autre part la démarche et les circonstances qui ont permis à Nimuendajú, soixante ans après ces migrations, d’émettre son hypothèse. Ce travail ne permet pas seulement une relecture de la « Terre sans Mal » : il pose aussi les jalons pour une relecture de la religiosité guarani et la place qu’elle a prise dans les études contemporaines.

  • Mots-clés : Terre sans Mal ; Curt Unkel Nimuendajú ; João Henrique Elliott ; Indigénisme ; Migrations

 

Jury

  • Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS, (directeur de thèse)
  • João Pacheco de Oliveira, professeur au Musée National, Universidade Federal do Rio de Janeiro (directeur de thèse)
  • Charlotte de Castelnau-L’Estoile, professeure d'histoire moderne à l’Université Paris Diderot, Paris 7
  • Isabelle Combès, professeur à l’Universidade Federal da Grande Dourados
  • Fabio Mura, professeur à l’Universidade Federal da Paraíba
  • Michel Naepels, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS

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