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Céline Bessière > La richesse des familles – 22 novembre 2017

Soutenance d'habilitation à diriger des recherches (Garant : A. Spire), mercredi 22 novembre à 9h00 - EHESS 54 bd Raspail 75006 Paris, salle du conseil A/BS1-28

Céline Bessière soutiendra son habilitation à diriger des recherches le mercredi 22 novembre à 9h00 à l’EHESS, 54 bd Raspail, salle du conseil A/BS1-28 (premier sous-sol).

Le mémoire original s’intitule : La richesse des familles

Ce manuscrit inédit propose une réflexion théorique et empirique sur les transferts économiques entre personnes apparentées. En dialogue avec les travaux d’anthropologues, d’historiens, d’économistes et de juristes, il montre que l'étude des pratiques économiques à l'échelle des familles permet de mieux comprendre la genèse des inégalités de richesse, et leur creusement dans les dernières décennies.

Le récit dominant de « la famille moderne occidentale », qui plonge ses racines au XIXème siècle dans les écrits de Tocqueville et de Durkheim, a contribué à dissimuler les enjeux de la richesse dans les familles contemporaines, en mettant l’accent sur la montée de l’individualisme dans les relations familiales. Des travaux récents à l’échelle macro-sociale soulignent pourtant la place croissante des héritages, des donations, ainsi que d’une économie cachée de la parenté contribuant au creusement des inégalités de richesse entre les classes sociales. Mais les approches statistiques restent prisonnières de l’unité d’analyse du ménage, et peinent ainsi à rendre compte des inégalités de richesse intrafamiliales, notamment des inégalités de genre. 

Pour dépasser les angles-morts des approches centrées sur l’individu ou le ménage et restituer la force économique des relations de parenté, je considère l’institution familiale comme une institution économique à part entière : un lieu de production, de distribution, de contrôle et d’évaluation des richesses. 

Cette conceptualisation s’ancre dans l’exploration ethnographique de deux moments cruciaux de transferts économiques entre personnes apparentées : les successions et les séparations conjugales. Je qualifie ces deux moments d’arrangements patrimoniaux, afin de suggérer que ce sont des moments de co-production, conjointement par les personnes apparentées et les professionnel.le.s du droit, d’un consensus sur les transferts économiques intra-familiaux. Dans le huis clos des études notariales et des cabinets d’avocats spécialisés en droit de la famille, l’ethnographie permet d'étudier les manières de compter et de répartir la richesse des familles, à l’ombre du droit, du marché et du fisc. Le mémoire montre notamment l'importance des comptabilités inversées, pratiques caractéristiques aussi bien des arrangements patrimoniaux au moment des successions que des séparations conjugales, qui consistent à partir du résultat qui fait consensus, pour faire ensuite les estimations, les additions et les soustractions qui permettent d’y arriver.

 

Le jury est composé de :

  • Jérôme Bourdieu, directeur de recherche à l’INRA et directeur d’études à l’EHESS
  • Rose-Marie Lagrave, directrice d’études retraitée à l’EHESS
  • Alexis Spire (garant), directeur de recherche au CNRS (IRIS-EHESS)
  • Philippe Steiner, professeur de sociologie à l’Université de Paris-Sorbonne
  • Anne-Catherine Wagner, professeure de sociologie à l’Université Paris 1
  • Florence Weber, professeure de sociologie à l’École Normale Supérieure

 

Retrouvez l'annonce sur le site de l'EHESS : https://www.ehess.fr/fr/liste/soutenances

A consulter :

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