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Yannis Gansel > Le souci des adolescents : traiter une vulnérabilité dangereuse

Soutenance de thèse à l'EHESS, le 1er avril 2016

Le souci des adolescents : traiter une vulnérabilité dangereuse

Soutenance de thèse d'anthropologie présentée publiquement par Yannis Gansel sous la direction de Richard Rechtman

EHESS, le vendredi 1er avril 2016, 14h, salle A du Conseil, 190 avenue de France 75013 Paris

Résumé

Partant du cas des adolescents « difficiles », catégorie clinique devenue ubiquitaire dans l’action publique depuis le début des années 2000, cette thèse étudie les évolutions contemporaines du traitement social des déviances juvéniles en France.

Deux matériaux sont utilisés : l’étude généalogique d’un corpus documentaire et une ethnographie monographique dans un réseau interprofessionnel œuvrant à résoudre les problèmes posés par les adolescents difficiles. En combinant une analyse constructiviste tempérée par le pragmatisme et l’interactionnisme, nous produisons une anthropologie clinique de la santé mentale.

La catégorie des adolescents difficiles est structurée par l’expertise sur la subjectivité, inspirée par la psychanalyse et distanciée du savoir professionnel psychiatrique. Définie par un trouble ambigu, cette catégorie permet aux acteurs de repérer, rendre public et résoudre un problème émergent : les incertitudes nouvelles traversant l’action publique contemporaine sur les déviances juvéniles. Elle désigne une population résiduelle, produite par la spécialisation des institutions et par la faible capacité de coordination des bureaucraties politiques locales. Procédant par une personnalisation biographique extrême des interventions, cette catégorie réassigne les adolescents dans un sens de l’activité et dans un profil de traitement institutionnel. Elle permet de coordonner sans les indifférencier les lieux de l’action publique. Elle résout le dilemme anomique entre vulnérabilité et dangerosité, entre autonomie et protection, entre soin et contrôle. Détenant une force extraordinaire de consensus, l’expertise clinique exerce ainsi un magistère extensif. Mais ce recours aux savoirs cliniques ne rend pas compte de la relativité culturelle et politique de la violence. Il ne permet pas de repérer les épreuves éthiques et sociales de la professionnalité sous-tendant le malaise des acteurs.
La clinique performe ainsi un souci, à la fois affect éprouvé et attitude tournée vers le care, qui constitue une modalité contemporaine de l’action publique.

Jury

  • Fourneret Pierre, Université Lyon 1
  • Naepels Michel,  École des Hautes Études en Sciences Sociales (président)
  • Ravon Bertrand, Université Lyon 2 (rapporteur)
  • Rechtman Richard,  École des Hautes Études en Sciences Sociales (directeur)
  • Sicot François, Université Toulouse 2 (rapporteur)

A consulter :

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