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Marion Maudet > Sécularisation, genre, sexualité. Des catholiques et des musulman•e•s en quête de sens (France, années 1970 - années 2010) - 9 décembre 2019

Soutenance de thèse, lundi 9 décembre 2019 à 13h - Ined, 133 bd Davout 75020 Paris, salle Sauvy

Sécularisation, genre, sexualité.

Des catholiques et des musulman·e·s en quête de sens (France, années 1970 - années 2010)

Soutenance de thèse de sociologie présentée publiquement par Marion Maudet, préparée sous la direction de Michel Bozon (Ined)

Les paysages religieux et sexuels se caractérisent, en France, par des mutations communes, caractérisant la dynamique plus large de sécularisation de la société française. Ils sont traversés par des processus de diversification des pratiques, de pluralisation des répertoires d’action et d’individualisation des normes, tout autant que par le maintien de cadres sociaux régulant les conduites.

Le contexte religieux français est marqué par la perte d’influence institutionnelle de la religion catholique et par la diminution des appartenances catholiques, par l’importance croissante des individus ne déclarant aucune appartenance religieuse, ainsi que par l’affirmation de l’islam. Il s’agit en effet d’une religion jeune, dynamique, et souvent socialement minorée et racialisée. Ces évolutions – tout autant que l’histoire différente du catholicisme et de l’islam en France – interrogent la forte visibilité publique et médiatique d’une frange religieuse mobilisée autour de questions de genre et de sexualité. Pour mieux comprendre ces phénomènes, le travail de thèse questionne l’articulation entre genre, sexualité et religions en France depuis les années 1970, en s’appuyant sur les pratiques et représentations sexuelles des catholiques et des musulman·e·s.

L’analyse utilise deux types de matériaux : trois grandes enquêtes de population sur la sexualité en France (1970, 1992, 2006) et une sur la conjugalité (2013), ainsi que des entretiens biographiques auprès de personnes se déclarant catholiques et musulman·e·s. Le croisement de ces deux matériaux permet d’étudier, dans une perspective comparative, l’évolution des conduites sexuelles des femmes et des hommes selon leur religiosité.

Le répertoire sexuel des individus, qu’ils soient catholiques, musulmans ou sans religion d’appartenance, est diversifié et étendu. Les pratiques sexuelles se rapprochent entre catholiques et personnes sans religion (âge d’entrée dans la sexualité, masturbation, pornographie), tandis que la sexualité des musulman·e·s est marquée par des écarts de genre importants et des pratiques en lien leur position minoritaire dans l’espace social (comme le recours à la prostitution pour les hommes). Les représentations associées à la famille et à l’homosexualité se résument à trois grandes configurations, selon l’attachement des personnes au couple, à la procréation et à l’hétérosexualité. La religion détermine en partie ces positionnements, qui s’inscrivent toutefois dans des parcours biographiques et des expériences sexuelles plus larges.

La thèse montre de plus comment s’imbriquent les trajectoires religieuses et sexuelles des femmes et des hommes à partir de leurs parcours de vie et de leur position dans les rapports sociaux (de classe, de genre, de race). La religion apparaît, selon le contexte, comme une ressource (culturelle, sociale ou symbolique) pouvant être utilisée dans la recherche d’un·e partenaire et euphémiser ou renforcer des logiques de sélection sociale. Les entretiens éclairent les manières dont les individus s’approprient leur religion, tant dans leurs discours que dans les discours sur leurs pratiques, mais aussi les façons dont ils subjectivent les normes et les (re)constituent a posteriori, en relisant leurs expériences biographiques.

In fine, la thèse apporte des clés pour mieux comprendre le processus de sécularisation en France. La sexualité des catholiques et des musulman·e·s offre un point de vue original sur la manière dont les individu·e·s se constituent comme sujets. Elle apporte un nouveau sur les formes que prend la normativité sociale, dans une société sécularisée, au sein de laquelle les sources normatives sont nombreuses et peu hiérarchisées. Enfin, elle démontre que la religion renvoie à des rapports sociaux combinés, dans une société traversée par des inégalités de genre, de classe, de race et de sexualité.

Composition du jury

  • Michel Bozon, directeur de recherche à l’Ined, chercheur associé à l’Iris, Directeur de thèse
  • Baptiste Coulmont, professeur de sociologie à l’Université Paris 8, Rapporteur
  • Éric Fassin, professeur de sociologie à l’Université Paris 8, Rapporteur
  • Céline Béraud, sociologue, directrice d’études à l’EHESS, Présidente
  • Sébastien Chauvin, professeur associé, Université de Lausanne
  • Florence Maillochon, directrice de recherche CNRS, professeure associée à l’ENS
  • Florence Rochefort, chargée de recherche CNRS

Informations pratiques

  • Lundi 9 décembre 2019 à 13h00
  • Institut national d'études démographiques (Ined), 133 boulevard Davout 75020 Paris, salle Sauvy (1e étage)
    Métro Porte de Montreuil, Porte de Bagnolet, tram 3B arrêt "Marie de Miribel"
  • Il faut se munir d'une pièce d'identité pour pouvoir entrer

A consulter :

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