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Journées d’étude : Du trouble à la vigilance ethnographique > 20-21 mai 2015

Paris > 20 mai : Salle Lombard, 96 bd Raspail, Paris 6e- 21 mai : Maison Suger, 16-18 rue Suger, Paris 6e

Journées d’étude organisées dans le cadre du séminaire "Réflexivité et construction des savoirs anthropologiques" avec le soutien du Labex TEPSIS et de l'Iris
20-21 mai 2015 - Paris

Du trouble à la vigilance ethnographique

  • Bob White (Professeur, Université de Montréal, CA)
  • Alban Bensa (Directeur d’étude, EHESS, IRIS UMR 8156- U997)
  • Marieke Blondet (ATER, MNHN, UMR 7206 Eco-anthropologie et ethnobiologie et chargée de recherche, LEF INRA, Nancy).
  • Mickaële Lantin Mallet (doctorante, EHESS, IRIS UMR 8156- U997 et chargée de recherche, LESC UMR 7186)

Argumentaire

La relation d’enquête invite les personnes interrogées par l’ethnographe à s’exprimer autrement qu’elles ne le font d’habitude dans leurs milieux de vie. Symétriquement l’ethnographe pose des questions, note des réponses et fait des observations tout à fait spécifiques à son activité momentanée d’enquête. S’instaure ainsi un espace de parole et de pratique singulier dont les partenaires ne sortent pas indemnes.

Les interrogé(e)s en viennent à se poser les questions que l’ethnographe leur a posé et aussi à se servir de l’ethnographe pour se dire entre eux ce que peut-être ils ne pourraient pas exprimer sans la présence de ce tiers inclus. L’ethnographe, pour sa part, voit se modifier ses dispositions sociales et psychologiques parce que ses habitudes de penser et ses façons d’être sont mises à mal par celles de ses hôtes auxquelles il doit s’adapter pour y comprendre quelque chose.

Ce colloque invite les ethnographes que nous sommes à restituer ces troubles chez soi et chez l’autre tels qu’ils sont induits par l’enquête. Il s’agira de penser donc l’enquête en tant qu’il s’agit d’une expérience de savoir qui passe par une expérience existentielle et réciproquement tant pour les enquêté(e)s que pour les enquêtant(es). Pour mettre en évidence ces métamorphoses de soi et de l’autre, il est proposé de s’attacher à analyser des récits et anecdotes de terrain mettant en lumière les malentendus productifs à l’occasion desquels ethnographes et ethnographié(e)s se découvrent autres que ce qu’ils ou elles croyaient être avant les interactions d’enquête : remise en cause des grandes croyances anthropologiques au don, mythe, ou mode de pensée, etc. ; questionnement moral sur les bien-fondés de nos valeurs; ouverture à l’universalité de pratiques ou d’idées que l’on imaginait typiques de telle ou telle culture, etc. L’analyse de ces troubles est en effet porteuse d’un savoir anthropologique sur les logiques de passage du personnel au collectif et réciproquement, sur les dynamiques de transformation de soi et des autres au fil de l’enquête, qui, comme nous le savons désormais, est d’abord une histoire, une sorte de long récit.

Comme le faisait remarquer Didier Fassin, aujourd’hui l'expérience ethnographique ne va plus de soi, pas plus que l'écriture anthropologique. C’est ainsi que l’auteur plaide pour l'exercice de l’« inquiétude ethnographique » (2008) tout comme Bob White appelle à la « vigilance ethnographique » ; soit laisser le doute, l'incertitude faire irruption à chaque étape du processus de recherche et de production de connaissances anthropologiques. Chacune de ces étapes sont ainsi interrogées et soumises à la critique, depuis les situations intersubjectives d’enquête jusqu’à la production du texte, les procédés d'écriture et l'autorité même à parler de, ou à parler pour. Il s’agit donc pour l’anthropologue contemporain de porter un regard critique et réflexif sur toute sa pratique pour ainsi proposer un renouvellement épistémologique qui dépasse la simple observation du soi du chercheur ou des sujets singuliers de son enquête.

Programme

Mercredi 20 mai -  Salle Lombard, 96 boulevard Raspail, Paris 6e

13h30 : Accueil des participants

13h45  - 14h : Mot d’accueil  de Marc Bessin (Directeur de l’IRIS, UMR 8156-U997, EHESS) et Marieke Blondet (MNHN, UMR 7206  et LEF INRA, Nancy)

14h -14h20 : Introduction de Bob White (U. Montréal) et Alban Bensa (EHESS, IRIS)

SESSION 1 PRESIDEE PAR MICKAELE LANTIN MALLET (EHESS, IRIS UMR 8156- U997)

14h20 - 15h05 Jamais deux sans trois : Le rapport à l’objet dans la quête de la vigilance ethnographique

Bob W. White (Université de Montréal)

15h05 - 15h50     Parler de soi dans le dialogue ethnographique : rêves et destin de Tyua

Natacha Collomb (CNRS, CASE UMR 8170)

15h50 – 16h Pause 

16h - 16h45   L’ethnographe hors terrain 

Annabelle Boissier (LAMES UMR 7305 CNRS/Université Aix Marseille)

Jeudi 21 mai 2015 - Maison Suger, 16-18 rue Suger, Paris 6e

SESSION 2 PRESIDEE PAR THIERRY BONNOT (EHESS, IRIS UMR 8156- U997)

10h - 10h45  Confusion of Power : Colonized People and Intellectuals in Kanak New Caledonia 

Alban Bensa (EHESS, IRIS UMR 8156- U997)

10h45 -11h30  Ethnographic Experience and Misunderstanding As a Productive Mirror 

Luis Roberto Cardoso de Oliveira (University of Brasilia)

11h30 – 11h45  Pause

11h45  -  12h30  On Ethnographic Cruelty

Joao de Pina-Cabral (School of Anthropology and Conservation, University of Kent)

12h30 – 14h00 Pause Déjeuner

SESSION 3 PRESIDEE PAR MARIEKE BLONDET (MNHN, UMR 7206 et LEF INRA, Nancy)

14h00 – 14h45  Duplicité ethnographique dans un dispositif d’accueil de demandeurs d’asile

Claude Nicole Grin (EPHE - IUHMSP- Université de Lausanne)

14h45 – 15h30  Menues considérations digressives sur la vigilance ethnographique

Lomomba Emongo  (Université de Montréal et Collège Ahuntsic de Montréal)

15h30 – 15h45 Pause

15h45 – 17h30 Table ronde -  Inquiétude et vigilance : deux notions pour l’anthropologie ? 

Clôture

Bob White (U. Montréal) et Alban Bensa (EHESS, IRIS)

Résumés des interventions

SESSION 1 présidée par Mickaële Lantin Mallet (EHESS, IRIS UMR 8156- U997)

Jamais deux sans trois : Le rapport à l’objet dans la quête de la vigilance ethnographique

Bob W. White (Anthropologue, Université de Montréal)

Une critique de la démarche ethnographique qui tient compte de l’histoire nous permet d’identifier au moins trois différentes orientations épistémologiques face à l’objet du terrain: moderniste, post-moderniste et herméneutique.  Chacune de ces orientations, qui se manifestent comme disposition (sensibilité, affinité, préférence) mais aussi comme impératif idéologique, correspond à une certaine posture de chercheur vis-à-vis de son objet d’étude: objectivité, subjectivité, et intersubjectivité. Au lieu de voir ces orientations en termes de progression historique linéaire où l’objectivité cède à la subjectivité et la subjectivité devient intersubjective, force est de constater que les trois courants s’entrecroisent à travers le temps et l’espace.  Ce qui varie d’une période ou d’un endroit à l’autre c’est plutôt la configuration de normes scientifiques et sociales qui attribue plus de légitimité à certaines orientations qu’à d’autres.  

Le courant herméneutique nous permet de comprendre que le savoir ethnographique est le résultat d’une rencontre entre deux ou plusieurs traditions (ici dans le sens de Gadamer), mais aussi en quoi ce savoir est le résultat d’une co-production. Si la distinction entre les courants moderniste et post-moderniste est devenue assez claire, beaucoup de travail reste à faire pour distinguer les deux autres courants épistémologiques : post-moderniste et herméneutique. Une compréhension du rapport entre le deux et le trois permet de théoriser une vigilance ethnographique qui serait non seulement durable mais humaine.

Parler de soi dans le dialogue ethnographique : rêves et destin de Tyua

Natacha Collomb (Anthropologue, CNRS, CASE UMR 8170) 

En introduction à mon intervention, je poserai rapidement le contexte particulier d’un passage de un mois, en juillet 2011, dans le village de riziculteurs t’ai dam du nord Laos où je travaille depuis 1996. 

Je resserrerai ensuite le cadrage sur des conversations avec Tyua, singulières à plusieurs titres. Première singularité, leur caractère ethnographique tient en partie au fait que je les ai enregistrées à l’insu de mon interlocuteur. Deuxième singularité, Tyua a été le chef d’orchestre principal de ces conversations (ainsi que j’aime à le croire), alors que ma voix n’émerge que rarement, un peu à la manière de celle d’un psychanalyste. Troisième singularité, le vieil homme m’a parlé de lui, de ses relations affectives à ses proches, de ses chagrins, à travers plusieurs récits de rêve et morceaux d’« autobiographies collectives » (notion suggérée par M. Blondet) très fréquemment articulés autour de la parole rapportée de devins.

Le plan serré, enfin, se fera sur la description détaillée de ce qui se joue entre Tyua et moi à certains moments de ces conversations. Je m’inspirerai de l’analyse conversationnelle (pratique que je découvre seulement, et peu à peu) notamment telle qu’elle est pratiquée par Moerman (1988), c’est-à-dire en veillant à donner aux micro événements interactionnels une portée ethnographique.

S’arrêter sur ces conversations, dans leurs modalités, leur contexte et leur contenu, permettra je l’espère non seulement de faire émerger un savoir riche et original sur le chagrin, la mort et la mémoire, mais aussi d’engager un questionnement plus général sur la relation ethnographique. Celle-ci est bien sûr « extra » ordinaire, mais en quel sens et de quelle manière ? Quelles sont les qualités spéciales que doit mettre en œuvre l’ethnographe et quelle part d’elle-même doit-elle engager pour engendrer cette sorte spécifique de savoir ? L’ethnographe est-elle, dans la relation d’enquête, tout à fait une autre ou découvre-t-elle plutôt en elle-même, petit à petit, d’autres manières d’être et de savoir ? Quant à l’ « ethnographié », ce type de rencontre est-il pour lui parfaitement neuf et inusité ? Ou peut-il être comparé à quelque chose de connu ? De plus, qui Tyua interpelle-t-il vraiment ? Qui est caché et demande à être vu et reconnu derrière l’ethnographe et l’ethnographié ? Est-il possible de dépasser ce qui est partiellement une illusion et un malentendu pour faire de l’émergence d’un savoir une vraie possibilité ?

L’ethnographe hors terrain

Annabelle Boissier (Anthropologue, Aix Marseille Université, CNRS, LAMES UMR 7305)

Que fait l’ethnographe de tous les moments qui ne sont pas inclus dans un terrain et qui pourtant ne cessent de nourrir ses réflexions. Ces situations sont-elles observées dans la peau de l’ethnographe, du passant assistant à l’accident, à la dispute, à la réconciliation ou de l’individu bataillant pour faire valoir ce qu’il estime être son droit ? Sont-elles scientifiquement recevables ou doivent-elles être exclues de nos réflexions au bénéfice de méthodologies d’enquête toujours plus élaborées ? Cette réflexion sera nourrie par le vécu d’une situation de harcèlement moral dans le cadre d’une entreprise hôtelière qui fut transformée en terrain a posteriori via une description longue. Mais c’est aussi un engagement préalable dans le métier d’ethnographe qui a autorisé un regard particulier. Cet engagement a conduit à la production d’un texte montrant que la frontière entre le bourreau et la victime peut parfois être floue, que les individus saisis sont nombreux et les situations de nature diverse. Le récit offre ainsi un regard sur la dégradation progressive des relations en inscrivant le harcèlement moral dans un processus plus large des tensions ordinaires au travail qui débute quand tout va bien. 

SESSION 2 présidée par Thierry Bonnot (IRIS, EHESS)

Confusion of Power : Colonized People and Intellectuals in Kanak New Caledonia 

Alban Bensa (Directeur d’études, anthropologue, EHESS, IRIS - UMR8156- U997)

When I told A. G. that through the information he was giving to me he was intending to arrange for himself the position of a chief or a chief-maker, he got very angry, challenging the work we had undertaken together five years before. He also showed a great emotion expressing a kind of painful stupefaction, as if I had put my finger on a hidden spring of our relation by saying what should not be said. In effect, the question of the “chief” affects the whole Kanak social system of which he is both a central character and a horizon of aspiration, a vanishing point of most discussions or narrations. The point is to know, in a colonized segmentary system, where the indigenous power stands and is possibly exerted. But it would be wrong to see in this question a pure local, Kanak or Melanesian, specificity as the anthropological questioning of politics is itself inseparable from the power experience of a French researcher who is a State official. The emotion shown by A.G. affects me because, like him but for different reasons, I don't know either, in my environment made up of intellectuals, who is a chief and in which capacity I could possibly think to be one. Colonized people just like intellectual State officials only have power fantasies as, in the last instance, power is exerted in both cases by the colonial and/or republican State.

Ethnographic Experience and Misunderstanding As a Productive Mirror 

Luis Roberto Cardoso de Oliveira (Anthropologue, University of Brasilia)

Anthropology, specially after its modern period with its emphasis on the production of ethnography based on fieldwork experience, has always been concerned with two themes: the importance of learning from the natives point of view, to quote its first virtuosi (Malinowski 1922), and the need to avoid ethnocentric biases and the perils of misunderstanding. As it developed as a discipline, researchers have started to look at, and reflect upon, the productive side of actual misunderstandings (Fabian). Be it with an emphasis on the need of the anthropologist to put herself in perspective, reflecting critically on her point of departure and its power to condition her interpretive stance, as in Dumont, or focusing on comparison between cultures and its power to reveal in one of them what the other hides and vice versa, as in Geertz. In this presentation I would like to radicalize this latter orientation to look at ethnography and misunderstanding as a productive mirror. Focusing on my comparative research on citizenship rights in Brazil, the US, and Canada/Quebec, I will look at ethnographic contexts in the last two countries, and the difficulties to make sense of them that have come to illuminate not only interesting aspects of fieldwork situations, but which have actually transformed my understanding about citizenship questions in Brazil, where I come from.

On Ethnographic Cruelty

Joao de Pina-Cabral (Prof. Social Anthropology, School of Anthropology and Conservation, University of Kent)

Following on a critique of the metaphor of « translation » to describe ethnographic fieldwork (Pina-Cabral 1992) and working on a notion of the ethnographic encounter that thoroughly rejects primitivist assumptions concerning the nature of human difference (Pina-Cabral 2005), this paper aims to propose a model of the ethnographic gesture that sees it as a sophisticated development of the primary forms of human communication.  Ethnography operates two kinds of intersubjective triangulation: on the one hand, between two persons and their surrounding world; on the other hand, between one person and more than one interlocutor.  Since, ethnography is practiced by persons in ontogeny, ethnographic cruelty – a notion that Bourdieu proposed long ago – is the emotional condition of de-ethnocentrification (cf. Pitt-Rivers 1992).

SESSION 3 présidée par Marieke Blondet (MNHN, UMR 7206 et LEF INRA, Nancy)

Duplicité ethnographique dans un dispositif d’accueil de demandeurs d’asile

Claude Grin (Anthropologue, EPHE - IUHMSP, Université de Lausanne)

Je traiterai dans mon intervention d’une configuration, dans laquelle j’ai été amenée à occuper plusieurs places différentes. Engagée comme seule anthropologue dans une recherche interdisciplinaire, dont l’objectif était d’analyser le bien fondée ou les difficultés induites par l’introduction pour des patients migrants de traductions simultanées pendant les consultations médicales ou psychologiques je devais analyser ce dispositif qualifié d’interculturel. Or le protocole initial a été bouleversé par l’arrivée dans les consultations de vagues successives de demandeurs d’asile politique fuyant les zones de guerres fratricides des pays de l’ex-Yougoslavie ou du Moyen Orient. Marqués physiquement et en état de stress post-traumatique ceux-ci étaient ressentis comme « ceux qui ont subis ou faits la guerre », soit comme des Autres absolus. Pour être admis comme réfugiés et obtenir un permis de séjour nominal, ceux-ci devaient passer d’une appartenance de groupe à la reconnaissance de leur individualisation par l’expression de leur propre souffrance mais tout en restant des victimes socialement acceptables. Dans ce contexte particulier, le projet d’ethnographier ce dispositif devenait un enjeu important et j’ai été prise à témoin par mes différents interlocuteurs, médecins, linguistes, interprètes et patients, qui chacun voulait m’intégrer dans « leur camp » et m’inclure dans des jeux de pouvoirs ou des stratégies de survie et souvent de ruses. Quant à la relation ethnographique elle s’est installée dans une forme complexe composée de cognition intersubjective basée sur des moments d’empathie émotionnelle et de brutales fractures communicationnelles.

Menues considérations digressives sur la vigilance ethnographique

Emongo Lomombo (Philosophe, Université de Montréal et Collège Ahuntsic, Montréal)

Entre l’intention et l’écriture ethnographiques se déploie, comme chacun sait, le terrain de la rencontre et des interactions. Voici qu’indépendamment des «troubles» sur le terrain et des exercices d’intercompréhension se profile un espace théorique qui, ce me semble, demande encore investigation. Loin d’un vide à remplir, ce lieu est celui-là même qu’habite l’ethnographie dans ce qu’elle a de préalable et d’ultime relativement à l’expérience du terrain. 

Quelles sont les principales articulations de la situation singulière de l’ethnographie ? Qu’implique, au plan épistémologique, cette situation tant en amont qu’en aval de la démarche ethnographique ? 

C’est à répondre à ces questions, ainsi qu’à quelques autres de même nature, que vont se risquer les considérations digressives que voici, sur la vigilance ethnographique.

Contacts

Marieke Blondet (marieke.blondet@nancy.inra.fr) et Mickaële Lantin Mallet (mlantin@ehess.fr)

A consulter :

EHESS
CNRS
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