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Paroles, langues et silences : le cinéma comme on l'entend

Cycle "Images et Terrains", EHESS, 17-18 novembre 2016

Paroles, langues et silences : le cinéma comme on l'entend

Paroles, langues, silences : le cinéma comme on l'entend

Le cycle « Images et Terrains » reprend son cours par une réflexion sur un thème de cinéma en résonance avec les mouvements de subjectivation qui traversent méthodes d’investigation, formulations des idées, styles d’écriture, restitutions des connaissances.


« Le cinéma enregistre une langue, parfois plusieurs, dès lors qu’il enregistre une parole »
 Marie-Pierre Duhamel-Müller


Tout parle, mais d’où ? Comment se formule ce qui fait sens pour nous spectateur ? Comment s’opère la mise en scène de la parole ou de la communication dans une narration ? In ou off ? En avant ou arrière plan ? Dans quel rapport avec l’image ? On pourrait imaginer un « effet Koulechov » sonore, expérimenter un même son dans sa mise en relation avec des images différentes. Ou l’inverse. Avec quelles techniques travaille –t– on la voix ? Micros, sons directs/post synchro, traitement au montage (nettoyage, remplacement, ajouts), sound design, mixage, bruitage...
Quel choix de langue, quels accents, quels dialectes, quelles langues nobles ? Quand une langue est étrangère, comment est elle traduite, restituée, comprise, sentie? Le marketing international impose de plus en plus souvent un anglais véhiculaire - fonctionnel et sans saveur - pour simplifier la commercialisation, les traductions, les doublages. Comment résiste-t-on à ces « grandes lessiveuses »?
 

Atelier sur deux jours avec Marie-Pierre Duhamel-Müller

Jeudi 17 et vendredi 18 novembre 2016

EHESS, salle 587, 190 av. de France 75013 Paris

Le premier jour, chacun parlera de ses travaux en soulevant les questions auxquelles il a été confronté sur ce thème. Marie-Pierre Duhamel-Müller se propose d’écouter et de revenir le lendemain avec des propositions et des extraits de film concernant chaque intervention.

Critique, programmatrice et traductrice de cinéma, Marie-Pierre Duhamel-Müller a été membre du Comité de sélection officiel Mostra Cinéma de Venise (de 2005 à 2013) et directrice du Festival du Cinéma du Réel à Beaubourg. Elle a enseigné à l'Université Pompeu Fabra de Barcelone et à l’Université Grenoble 3 ; Marie-Pierre Duhamel-Müller intervient également à la FEMIS.

 

Jeudi 17 novembre 2016

9h30        Ouverture et présentation des journées par Eliane de Latour

10h-11h    Chowra Makaremi - Comment passer du témoignage écrit au film ?

Réflexions, idées et difficultés sur l'inclusion du livre Les Cahiers d’Aziz (Ed. Gallimard, 2011) dans un projet de film qui porte sur ce même sujet. Questions soulevées : en quelle langue ? persan ? français ? lu par qui ? quelles images ?

 11h-12h    Julie Métais et Chiara Calzolaio - Oooooorale. Du son et de l'ethnographie au Mexique

Basée sur nos terrains respectifs au Mexique (l'une à Oaxaca, l'autre à Ciudad Juarez), une présentation à deux voix qui nous permettrait de réfléchir aux liens entre ethnographie et dimensions sonores de nos terrains. Nous pourrions alors mobiliser un certain nombre d'enregistrements faits ces dernières années pour nos thèses.
12h-13h     Eliane de Latour - Langues urbaines à Abidjan : le nouchi et/ou le français ?
Bronx Barbès est « réaliste » au sens d’un cinéma des « subalternes » (néo réalisme italien etc), mais il n’est pas « naturaliste », il se situe dans l’imaginaire des ghettomen, ce qu’ils voudraient être plus que ce qu’ils sont lorsqu’on les aperçoit regroupés aux coins des rues, agités ou amorphes, « tenant les murs ».  Derrière ces apparences, une vie cryptée nourrie de mouvements brusques les entrainent en chevauchées impulsives autour de braquages nocturnes et de fêtes. Les liens entre vieux pères et fistons – solidarité, traitrise, initiation - ne sont pas visibles au premier abord.  L’amour entre go et gars se sait plus qu’il ne se voit.
J’ai écrit les dialogues en nouchi [français de rue d’Abidjan], une manière d’être de l’intérieur, tout en me saisissant du langage du corps [lôgôbi] pour faire passer l’imaginaire des ghettomen, force centrale de propulsion du ghetto.  Par opposition, je montrerai un extrait d’une série de la Tv ivoirienne réalisée par un ivoirien sur la cyber criminalité. Les acteurs parlent comme dans Braquo ou Enquêtes criminelles,  peu en nouchi qui fait peur au sens cela primitiviserait la représentation d’un soi « africain » sur les écrans.

14h-15h    Nicolas Jaoul - Fables de la rue. La parole politique des Dalit Panthers

A partir des années 70, le mouvement des Dalit Panthers est né d’un mouvement littéraire, celui des biographies de Dalits. Cette littérature Dalit aujourd’hui consacrée internationalement, a pour la première fois en Inde fait un usage littéraire de l’argot des bidonvilles et des faubourgs. Dans les années 1990, j’ai pu filmer cette parole qui mêle l’argot, le maniement ironique du sanskrit, le dialecte paysan, la poésie Urdu et l’anglais. A partir de séquences filmées, nous réfléchirons à la multiplicité des registres du langage, ainsi qu'à la dimension esthétique des processus de subjectivation et d’émancipation.

15h-16h    Alban Bensa - L'oubli ou le souci de la langue dans la méthode et la théorie anthropologiques

Les ethnologues parlent ou même comprennent rarement la langue maternelle parlée dans le groupe qu'ils étudient. Le recours à une langue véhiculaire ou à des interprètes permet le plus souvent de contourner l'obstacle. Pourtant les mêmes ethnologues glosent abondamment sur la pensée des indigènes, leur culture, leurs conceptions du monde, etc. On s'interrogera sur ce tour de passe-passe et on se demandera si on arrive aux mêmes résultats en apprenant la langue locale, en s'adonnant à des transcriptions, des traductions, c'est à dire à une écoute rigoureuse des énoncés en situation. L'ethnologie n'est elle finalement qu'une voix off ?

16h-17h     Michèle Leclerc-Olive - Plurilinguisme et traduction. Entre éthique et contraintes techniques

En littérature, les débats entre traducteurs, notamment « sourcistes » [parti de la langue de départ] et « ciblistes » [parti de la langue cible], sont des affrontements sans fin. Au cinéma, quand on sous-titre, s’ajoute l’obligation de respecter le temps de la lecture, aussi vers des langues dont les locuteurs sont peu alphabétisés. Faudrait-il alors doubler plutôt que sous-titrer ? Se pose également le problème de la restitution des différences de langues, d’accents, de styles qui sont des éléments importants de l’histoire elle-même. Nous essayerons de clarifier la formulation 1) des contraintes techniques propres à la traduction  des discours d'une œuvre cinématographique et 2) des exigences éthiques attachées aux différentes dimensions de la « fidélité » à l'œuvre. Afin, non pas de formuler des recommandations, mais de circonscrire les potentialités différentes des écritures cinématographiques et littéraires.

A consulter :

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

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Cinémas d’insurrection

Colloque - Mercredi 22 février 2017 - 18:00Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur diverses situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend aussi réinterroger les modes de savoir et les constructions de sens produits par l’image.Avec la participation des cinéastes Édouard Beau, Stéphane Breton, John Gianvito, Clarisse Hahn, Florent Marcie et du Collectif de vidéastes ukrainiens BABYLON’ 13.(...)

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Little go girls d'Éliane De Latour

Projection-débat - Mardi 17 janvier 2017 - 18:00La projection sera suivie d'un débat en présence de la réalisatrice Éliane de Latour, cinéaste et anthropologue, directrice de recherches à l’Iris, avec Thomas Sotinel, critique cinéma au journal Le Monde et Eric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII. A Abidjan, les go de nuit empruntent un chemin chaotique entre délinquance et rapports tarifés dans les ghettos d'Abidjan, pour fuir les violences familiales. Très jeunes, analphabètes, largement musulmanes, elles sont prêtes à affronter le déshonneur et la mort pour un peu d'autonomie dont elles ont été privées dès le plus jeune âge. Entre le réveil et le tapin, le temps façonné par l’attente, les rêves, l’incertitude, laisse emerger une intimité presque silencieuse. Quelques unes tentent de renverser soudain leur mode d'existence pour tenter de gagner un peu de dignité à travers un nouveau projet de vie, la Casa des go. Les tensions sont telles qu’elles finissent par embaucher deux petites bonnes qu’elles rémunèrent 0,50€ par jour. Alors que les go commencent à sortir la tête du darkness, elles passent le relais de la servitude à des fillettes privées d’école comme elles au même âge. Sans doute suivront-elles le même chemin ? Le cercle se referme. Qui en sortira vraiment ?Voir la bande annonce du filmSéance organisée dans le cadre du Cycle "L'EHESS fait son ciné" proposé par la Direction de l’image et de l’audiovisuel (...)

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Origines et conditions d’apparition de la vie

Colloque - Mardi 11 octobre 2016 - 09:00La question des conditions d’apparition de la vie ou de la présence de la vie dans l’univers, longtemps considérée comme appartenant au domaine spéculatif, est en train de devenir un champ de recherche actif.Ce questionnement implique les sciences « dures » telle que l’astronomie et l’astrophysique – avec la découverte de planètes extrasolaires et l’exploration du Système Solaire par l’entremise de sondes spatiales, jusqu’à la chimie, la biologie et l’écologie – avec les derniers développements dans le monde prébiotique, l’émergence de la matière vivante et des systèmes écologiques et les étapes fondamentales de l’évolution. Ces questions impliquent tout autant les sciences humaines, comme l’histoire des sciences -avec l’histoire du questionnement des origines de la vie ou l’évolution des relations entre instrumentation scientifique et définition de la vie ; jusqu’à l’anthropologie – avec les variations culturelles de la perception et de la conception de la vie. Elles incitent, par ailleurs, à déporter le regard de la seule reconstitution des premières étapes de la vie pour considérer comme objectif la construction d’êtres « vivants » artificiels. Recréer la vie devrait en effet permettre de clarifier des questions telles que la façon dont la vie peut démarrer en tant que processus global, la probabilité de sa présence, la diversité qu’elle pourrait présenter dans d’autres mondes et, en dernier lieu, « ce qu’est » la vie.Plusieurs actions d’envergure focalisées sur ces questions ont ainsi récemment émergé dans les grandes universités internationales ou dans des fondations privées (Origins of life initiative à Harvard, Origins of Life Initiative à Munich, Earth-life Institute au Tokyo Institute of Technology, l’initiative de la Simons Foundation). Riche de l’activité de ses équipes en ce domaine ainsi que de la cartographie des savoirs susceptibles de l’étoffer, Paris Sciences et Lettres Research University a aussi souhaité aborder ces questions grâce à la mise en place récente d’un IRIS intitulé Origines et Conditions d’Apparition de la Vie.Le colloque de lancement sera l’occasion de confronter les perspectives adoptées par les grands centres mondiaux de recherche et de formation ainsi que d’en apprécier les motivations. Il montrera aussi que Paris, et de façon spécifique PSL Research University, dispose de tous les atouts pour aborder ce challenge scientifique. Inscription gratuite mais obligatoire par email à : appels-ocav@listes.univ-psl.fr(...)

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