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Journée d'étude > Handiparentalités et présences animales : Quelles circulations du care entre parents, enfants et chiens-guides ? - jeudi 28 septembre 2017

EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris, Amphithéâtre Furet, de 9h à 17h

Journée d'études Jeudi 28 septembre 2017

Handiparentalités et présences animales : Quelles circulations du care entre parents, enfants et chiens-guides ?

EHESS 105 bd Raspail 75006 Paris, Amphithéâtre Furet, de 9h à 17h

Journée d’étude organisée par l’Iris avec l’EHESS, l’ETSUP, l’Université Paris 13, la mission Handicap EHESS, l’École de chiens guides de Paris.
Comité d’organisation : Véronique Bayer, Marc Bessin, Marion Doé, Zoé Rollin, Carmen Mata.

Argumentaire

Cette journée d’étude interroge les tensions multiples et réciproques qui peuvent se jouer entre parentalités et handicaps, et qui sont complexifiées lorsque l’on considère d’autres acteurs dans les relations de care entre parents et enfants, en particulier les animaux.

Le care (soin, accompagnement, sollicitude, attention) désigne un ensemble vaste d’activités pratiques et de dispositions morales, dans la sphère domestique ou professionnelle, qui visent à assurer la continuité de la vie humaine. Si les soins sont administrés de façon plus visible pour certains individus (enfants, personnes âgées et handicapées, migrants, personnes malades, etc.), la vulnérabilité est une caractéristique inhérente à tous les êtres humains. Cependant, les personnes handicapées sont avant tout perçues comme des destinataires du care (care receiving) dépendantes de leur entourage et, a priori, peu capables d’être elles-mêmes pourvoyeuses de care (care giving).

C’est manifeste dans la situation de personnes dites « valides » qui deviennent parents d’un enfant en situation de handicap. Face à cette épreuve, l’entourage peine à trouver son positionnement, oscillant entre compassion et soupçon. Un sentiment de culpabilité émerge souvent, et ce sont les mères qui y sont plus exposées du fait des normes genrées de parentalité. On attend en effet de la « bonne mère » tout un ensemble d’implications qui sont exacerbées quand les enfants deviennent malades ou handicapés.  

Les personnes handicapées qui deviennent parents font par contre l’objet de peu d’attention, de la part des sciences sociales comme des pouvoirs publics. Un manque flagrant d’accompagnement et d’aide renforce l’incapacité présumée qu’on leur assigne, en particulier les femmes. Incompréhension, stigmate et rejet s’accumulent pour démultiplier les obstacles ; et les mères notamment doivent sans cesse déjouer le scepticisme permanent qui entoure l’handiparentalité. En tout cas, ces situations mettent au jour d’autres formes de prise en charge, lorsque par exemple les enfants portent attention et parfois soin à leur parent.

Au-delà des relations entre parents et enfants, le care circule entre d’autres acteurs, les professionnels médico-sociaux notamment. Si les travaux sur l’accompagnement à la parentalité commencent à bien informer les pratiques d’intervention sociale, la contribution au care d’acteurs plus inattendus, comme les animaux, reste encore peu étudiée. La situation particulière des personnes non voyantes avec les chiens guides permet d’envisager plus largement la contribution des animaux au care. Comment les uns et les autres, parents, enfants, animaux, s’adaptent-ils et coopèrent-ils pour fonctionner dans le cadre d’un véritable travail d’équipe ? Au-delà du cas des chiens guides, cette journée d’étude sera l’occasion de faire un premier tour d’horizon sur les présences animales, qui étayent les individus vulnérables. Quand l’animal prend soin, quelles sont les logiques à l’œuvre ?

La focale sera donc mise sur la circulation du care au cœur de laquelle se trouvent ces relations entre êtres humains, mais aussi entre humains et animaux. De ce questionnement central découlent différentes pistes de réflexion. Celle notamment des assignations genrées dans les pratiques parentales ; et le handicap n’exacerbe-t-il pas leurs stéréotypes sexués ? On portera aussi attention aux éventuelles stratégies alternatives de parentalité. N’y a-t-il pas un recours au care receiving conscient, maîtrisé, dans une logique d’empowerment, permettant à des parents en situation de handicap d’être acteurs de cette réception et d’en faire un outil pour octroyer du care ? Ces parents ne peuvent-ils pas anticiper ou neutraliser les discours normatifs ou stigmatisants par des techniques spécifiques, telles des « armes du faible » ? Et dans ces pratiques, comment l’animal intervient-il ? Vient-il renforcer ou au contraire annihiler les rapports de force ? Les présences animales mettent-elles au jour d’autres modalités de care ?

Un événement scientifique en soutien à l’École de Chiens Guides de Paris

Marion Doé, doctorante à l’Iris à l’École doctorale de l’EHESS, mène une thèse de sociologie sur les pratiques de care autour de la parentalité aveugle. Elle-même non voyante, elle bénéficiera prochainement, on l’espère, d’un chien guide. Pour aider l’association qui a formé l’animal, elle a lancé une campagne de collecte solidaire :

« Un chien guide pour Marion » (https://www.helloasso.com/associations/ecole-de-chiens-guides-de-paris/collectes/marion-a-besoin-de-plus-de-liberte).

C’est l’occasion de réfléchir, avec cette journée d’étude, au care qui circule entre parents, enfants et animaux. Une sensibilisation au travail des chiens guides clôturera cette journée, avec une démonstration d’un chien en formation et son éducatrice.

Programme

Matinée

Accueil des participants – Café (9h-9h30)

Introduction et mot d’accueil (9h30-10h)

  • Éric Wittersheim, Directeur de l’Iris
  • Véronique Bayer (ETSUP et Iris/EHESS) : Présentation de la journée

Acteurs et actrices du Care (10h-11h)

  • Marc Bessin (Iris/CNRS) : Présences parentales et animales
  • Marcel Jaeger (CNAM) : Jusqu’où l’effacement des frontières entre les acteur.trice.s ?

Situations de handicap et familles (11h15-12h15)

  • Zoé Rollin (Iris/Université Paris13) : Mères pourvoyeuses de care
  • Marion Doé (Iris/EHESS) : Care et handiparentalité

Déjeuner-buffet sur place, salle 2 (12h15-13h30)

Après-midi

Quand les animaux se mettent au care (13h30-14h30)

  • Jérôme Michalon (CNRS) : Les animaux et le soin : perspectives sociologiques
  • Julie Leite Rodrigues (EHESS) : Être en thérapie avec les animaux : les exemples de l’addictologie et de la psychiatrie

Le travail de care des chiens guides (14h45-15h45)

  • Yasmine Debarge (CANIDEA) : Les organisations de chiens de médiation et d’aide à la personne
  • Sébastien Moret (Cerses/Université Paris Descartes) : Les animaux : des cheville souvrières du care

Démonstration et sensibilisation au travail des chiens guides (15h45-17h)

  • par une éducatrice de l’École de Chiens Guides de Paris 

Renseignements pratiques

  • Inscription gratuite mais obligatoire auprès de carmen.mata@ehess.fr avant le 15 septembre 2017
  • Préciser pour les personnes en situation de handicap les besoins pour adapter au mieux les conditions d’accueil (programme en braille, accompagnement au métro, etc.)

A consulter :

EHESS
CNRS
Paris 13
INSERM

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